Idées › Éditos

Haro sur ces hôpitaux publics qui tuent !

Cette histoire est assez révélatrice des pratiques inadmissibles qui ont cours dans les certains hôpitaux publics en Afrique. Désertés par les dirigeants et les plus riches qui préfèrent se faire soigner à  l’étranger ou dans les cliniques bien équipées, abandonnés par les médecins doués qui préfèrent monnayer leur talent dans les cliniques, les hôpitaux publics en Afrique sont devenus des mouroirs pour les patients. Et C’’est la masse pauvre qui en pâtit le plus. La mort du mannequin ivoirien, Awa Fadiga en Côte d’ivoire qui continue de défrayer la chronique, en est une illustration éloquente. l’affaire met au jour la négligence coupable des blouses blanches qui a conduit à  la mort du mannequin de 23 ans. Admise à  l’hôpital après une agression dans un taxi, la pauvre restera pendant longtemps sur la civière sans bénéficier d’attention des médecins du CHU de Cocody. La famille de la défunte n’a pas hésité à  imputer la responsabilité du décès de d’Awa Fadiga à  l’incurie du personnel médical du CHU de Cocody. Le sinistre cas ivoirien est malheureusement symptomatique d’une réalité qui a cours dans beaucoup d’hôpitaux publics africains. Il suffit d’y faire un tour pour se convaincre de cette réalité peu flatteuse. De la négligence au vol des médicaments en passant un mauvais accueil. Au quotidien, ces hôpitaux deviennent des murs de lamentations pour les patients impuissants. Certainement oublieux du serment d’Hippocrate, ces praticiens de la santé perdent comme par enchantement les notions d’éthique et de déontologique du métier. Ils troquent sans vergogne le sacerdoce contre une attitude mercantile qui révulse. « Je suis désolé, on se fiche pas mal du serment d’Hippocrate, chacun est obnubilé par le souci de gagner l’argent », nous confie un médecin malien, peu fier de la propension de ses confrères à  mettre l’argent avant tout. Quelle abomination pour un CHU incapable de réparer un appareil médical tombé en panne ! Les confidences de notre médecin font froid dans le dos : « Les professeurs et autres médecins spécialistes des hôpitaux publics ferment délibérément les yeux sur les pannes d’appareils car ils y gagnent. C’’est un moyen d’attirer les patients vers les cliniques leur appartenant et o๠ils servent. Le médecin qui parvient à  orienter les patients vers la clinique du chef est rémunéré pour services rendus ». Une révélation qui illustre la tragédie de Cocody o๠le ministère tente de se disculper en évoquant une panne d’appareil. En effet dans un article publié sur le site internet de Jeune Afrique ce mardi, le ministère de la Santé se défend ainsi : « Son traumatisme crânien et son état de détresse respiratoire ont nécessité la prescription d’un examen scénographique d’urgence, effectué hors du CHU de Cocody en raison d’une panne d’appareil ». En tout état de cause, il urge aujourd’hui pour les pouvoirs publics de prendre des mesures énergiques pour éviter que d’autres personnes perdent la vie dans les hôpitaux du fait de l’inconscience des médecins. Plus jamais ça !

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut