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Primature : 2è round !

Tatam Ly est parti comme il est venu : sobre, discret et ferme. Le banquier a rassuré, il a tenté d’assainir, il s’est évertué à  imposer le respect des procédures pour une gouvernance vertueuse. Les bailleurs l’ont suivi et l’audience que le président de la république a dernièrement accordée au directeur des opérations de la Banque Mondiale au Mali suffisait à  comprendre l’imminence du départ de Tatam Ly qui en réalité n’arrangeait pas les politiciens tout comme l’arrivée de Moussa Mara fait grincer des dents dans les rangs du parti présidentiel. Seulement, les proches du président doivent comprendre que leur mentor a sorti le grand jeu. Mara à  la primature C’’est l’élimination d’un candidat sérieux à  la tête de la commune 4 et l’implosion du parti Yéléma o๠les cadres avaient du mal à  brandir leurs ambitions. Mara à  la primature, C’’est l’élimination prématurée d’un jeune loup qui croit en son destin présidentiel. Mara à  la primature, C’’est pour rassurer le peuple, détourner les supputations et interprétations malencontreuses liées aux incendies répétées des marchés, à  l’attaque du domicile de Alpha Omar Konaré, aux lenteurs des procédures judiciaires sur les dossiers de certains barons écroués mais également un signal à  tous ceux qui comptaient sur le malaise social pour ébranler le pouvoir. Mara à  la primature C’’est pour refiler la patate chaude à  un prétentieux jeune politicien le temps qu’il chauffe le siège aux cadres du RPM en attendant la fin des joutes locales. Mara à  la primature? C’’est le coup du sombréro pour IBK qui montre qu’il est à  la fois un homme politique et un homme d’Etat. Le premier pense à  la prochaine élection et le second à  la prochaine génération. Qu’est ce à  dire ? Six mois, C’’est peu pour faire des preuves alors Mara deviendra le concentré des frustrations et mécontentements. Il se verra obliger de jeter l’éponge au lendemain des municipales avec un score faible de Yéléma. Son avenir sera alors dans son passé et obligation lui sera faite de retourner à  la tête de son école de gestion dont les déménagements récurrents sont assimilés à  un problème de management du tout nouveau premier ministre. Par ailleurs, il urge de se pencher sur les relations entre Moussa Mara et certains ténors du régime IBK comme Soumeylou Boubèye Maiga ! Est-ce que l’autorité de statut de PM permettra à  Mara de diriger ces ténors ? Une autorité de compétence n’a jamais suffi en politique et Tatam Ly l’a déjà  vécu. Somme toute, IBK vient de rendre un grand service à  son parti, tout en donnant l’impression d’amadouer les partisans de l’Um/Rda et de Yéléma. Mara n’étant autre que l’homonyme du président Moussa Traoré.

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