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IBK à Dakar : l’apaisement…

Voir la population en liesse pour accueillir Ibrahim Boubacar Keita apaise. Macky Sall a mobilisé ses troupes diront les mauvaises langues mais la foule qui a suivi le cortège présidentiel de l’aéroport Léopold Sédar Senghor au King Fahd Palace n’a ni été manipulée ni orchestrée. Le peuple du Sénégal sait manifester à  ses hôtes son hospitalité. IBK qui n’est pas en terrain inconnu, n’a pas caché sa satisfaction. Son émotion était perceptible et il a tenu à  l’exprimer en voyant les ressortissants maliens communier en symbiose avec les fils du Sénégal. Ce dimanche, la devise « un peuple-un but-une foi » a été revivifiée. En vérité, les peuples n’ont pas de problème. Ils vivent en symbiose. Ils échangent. Ils se brassent et comme l’a dit le président IBK « rares sont les maliens qui n’ont pas une partie sénégalaise et vice-versa ». Le président de la communauté sénégalaise, Ibra Guissé a effectué plusieurs déplacements sur Dakar pour annihiler tout écueil susceptible d’entacher cette visite, la première officielle du président que les maliens ont choisi suite à  la crise de 2012. Le Sénégal a sa plus forte communauté étrangère au Mali et commerce avant tout avec le Mali, C’’est donc dire que les deux voisins ont le devoir de se cajoler. Comme le dit ce colonel de gendarmerie conseiller dans un ministère au Mali « mon frère est officier de gendarmerie à  Dakar, le papa vit à  Dakar avec lui pendant que je garde jalousement la maman ici à  Bamako » et le patron de DFA communication d’ajouter « je suis Diop du Mali et mon frère est patron de Bolloré à  Dakar ». Des exemples pareils se comptent à  la pelle d’o๠l’obligation des autorités à  ne ménager aucun effort pour renforcer l’axe Bamako-Dakar. Crever l’abcès Durant les trois jours que le président IBK compte passer au Sénégal, nul doute qu’en bon « mandingo », il abordera avec franchise les sujets qui fâchent comme le dossier ATT, l’affaire du troisième réservoir et les tracasseries multiples le long du corridor Bamako – Dakar. La dernière sortie du président IBK à  Mopti sur le legs d’ATT et le boulet que constitue pour Macky Sall l’affaire Habré indiquent qu’un compromis sera trouvé sur le cas ATT. l’on s’éloigne d’une demande d’extradition que voulait formuler Bamako. Le Sénégal serait ainsi prêt à  revoir sa copie sur les goulots d’étranglement du corridor Bamako-Dakar d’autant que le pouvoir de Macky Sall a fortement besoin de recettes douanières pour financer une partie des actions envisagées du Projet du Sénégal Emergent, futur hameçon électoral de Macky Sall pour sa réélection. Pour deux présidents bien élus, les mieux élus d’Afrique, la diplomatie économique et la satisfaction de la demande sociale passent par une entente magnifiée, source de renforcement de la stabilité encore précaire dans la sous –région. IBK et Macky Sall viennent de loin. Ils savent ce que requiert la conquête du pouvoir alors bercés par l’océan atlantique et ils sauront prendre les décisions opportunes pour les peuples siamois du Mali et du Sénégal.

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