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« Machiavel » politique au Mali

Réagir à  chaud ? C’’est la question fondamentale qui est posée à  travers cette affaire qui ne fait pas honneur à  nos communicants. s’il faut déplorer une chose depuis l’installation d’Ibrahim Boubacar Keita à  la magistrature suprême, C’’est l’absence de stratégie de communication et plus encore de communication de crise, un aspect fondamental en politique. Quand d’autres pays donnent une importance cruciale à  cette expertise, au Mali, nous en faisons fi. Quelques exemples révèlent l’urgence de revoir la communication au sommet puisque la forme du message qu’on veut livrer, dessert au final son fond. Expertise Plusieurs cas ont montré ce déficit de communication et cette confusion sempiternelle entre communication politique et journalisme. On ne devient pas expert en communication du jour au lendemain, mais on peut apprendre à  guider les journalistes en donnant accès à  l’information et en orientant de la meilleure manière possible sans chercher à  instrumentaliser, ni à  rabaisser cette noble profession. Par ailleurs, faut-il toujours associer la communication présidentielle qui relève de la stratégie et celle du parti majoritaire, qui relève d’une forme de propagande à  peine voilée. Il peut évidemment y avoir interaction entre les deux, mais le dernier mot revient aux experts, à  ceux qui maà®trisent la gestuelle, l’art de convaincre qu’on mène le bateau Mali et ses passagers à  bon port. Au moment, o๠le Mali sort d’une crise majeure et a retrouvé sa légitimité constitutionnelle et politique, des erreurs de communication au sommet sont fatales et rabaissent le niveau du débat. Hélas, on a l’impression que le président et ses collaborateurs proches sont à  chaque fois pris de courts. Ces erreurs donnent même l’occasion à  l’opinion de s’en donner à  C’œur joie, quant il devrait y avoir des clés de compréhension des actes politiques qui sont posés par ceux qui nous gouvernent. On annonce en Décembre, des poursuites contre ATT. Qu’on nous explique pourquoi maintenant et comment cela va-t-il se faire ? l’affaire Tomi, nous tombe dessus. Quelle est la position du Mali ? Quelle est la meilleure réponse à  donner ? Et maintenant, le communiqué du Parena, qui donne lieu au déchaà®nement émotionnel. Oui Senghor disait que l’émotion est nègre et la raison hellène. Pire, on cherche à  instrumentaliser des journalistes pour entretenir ce déferlement de violence verbale. On en arrive en définitive à  baisser la tête de honte, quant un ancien Premier ministre est indexé et sali dans la presse, parce qu’il aura eu le courage de démissionner ? Et qu’en guise de cerise sur le gâteau, on découvre une correspondance privée entre communicants au service de l’Etat, nous voilà  partis pour les choux gras médiatiques… O๠se place l’opposition malienne ? l’autre question, dans tout ça. C’’est o๠se place l’opposition malienne, que l’on qualifie d’être « aux abois ». Nul besoin d’arriver à  de telles élasticités de langage parce qu’une opposition a vocation à  s’exprimer dans l’espace public démocratique. Elle a le droit fondamental de critiquer le pouvoir et ses actions. l’opposition malienne a le droit de se regrouper, en témoigne le soutien de l’URD au Parena, qui du reste pourrait être rejoint par d’autres formations politiques. Nous sommes dans le jeu démocratique et non une bataille de polochons. Si Machiavel nous enseigne qu’en politique, il vaut mieux pour le Prince être craint qu’aimé, alors ce souverain, qui a conquis le peuple, peut accepter les critiques venant de ses gouvernés et de ses opposants etc.

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