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Edito : Une bataille perdue, mais pas la guerre!

La journée a été très longue pour nos braves soldats, qui dès la matinée du mercredi 21 Mai, tentent une pénétration dans la ville de Kidal, par l’ouest. Le moral galvanisé sans doute par la visite du Premier ministre le 17 Mai, ils se disent : allons-y pour l’honneur du Mali ! Sachant l’ennemi qu’ils avaient en face et conscients du danger, ils se lancent à  l’assaut de la souveraineté bafouée du Mali, et en dépit des appels au cessez-le-feu de la communauté internationale. Et du regard en coin de Serval. Du reste, les troupes de Serval n’ont pas été sollicités, encore moins celles de la Minusma, habitués à  observer les évènements quelque soit leur gravité. Mais la question qui se pose est celle du Timing, que beaucoup mettent en exergue. Etais-ce le bon moment ? Ne fallait-il pas attendre avant d’agir ? Soumeylou Boubèye Maiga, le ministre de la Défense l’a maintes fois répété, que l’armée n’était pas encore prête, ni opérationnelle avec une chaà®ne de renseignement digne de ce nom. D’o๠ces propos du ministre porte parole, dans sa déclaration du 21 Mai : « Après quelques heures de combat qui ont permis aux FAMA de reprendre un temps le Gouvernorat de Kidal, nos forces de défense, affaiblies par des problèmes de coordination, de renseignement, ont du se replier sous le feu nourri des groupes rebelles appuyés par les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants.Des enquêtes en cours permettront de fixer les responsabilités et d’en tirer toutes les conséquences » Au moins, la vérité a été confessée par les autorités. Que s’est-il passé ensuite, lorsque de nombreux médias internationaux, ont annoncé que Kidal était sous le contrôle des groupes armés, qui ont bénéficié du renfort de mouvances terroristes. On parle d’Aqmi, d’Ansar Dine, des pickups venus du désert proche, de l’Algérie, avec tous ceux qui étaient tapis, et se sont mêlés à  la danse, faisant un carnage parmi nos FAMA. La Minusma, jointe, évoque alors, un bilan lourd. « On les a envoyé se faire tuer », confie une source au sein de la mission onusienne. Soit, qu’en est-il du courage de nos hommes, sachant la force stratégique de l’ennemi en face. Que faire, lorsqu’ensuite, les communications sont brouillées et que nos hommes n’arrivent plus à  communiquer entre eux et que C’’est alors la débandade, la fuite pour certains, le repli forcé en quelque sorte. s’en suivent des nouvelles alarmantes. Les rebelles poursuivent leur offensive. Ménaka, l’autre ville située à  l’est, siège de la rébellion de Janvier 2012, est alors prise. Là  encore, des témoins affirment que l’armée a déserté le camp, pour se réfugier au camp de la Minusma. Imaginez ces hommes, en désordre, qui cherchent à  se loger, là  o๠ils peuvent. D’un autre côté, ils se battent, font face au feu près de 7h durant. Et l’opinion est atterrée. On clame que le drapeau du MNLA flotte sur le camp 1 à  Kidal o๠encore que des scènes de liesse ont lieu dans les rues de Kidal, jihadistes en tête, on se croirait presque en 2012, et il y a de quoi être défait. Anderamboukane, Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Anéfis, les rebelles y annoncent leur suprématie… Mais certains optimistes sur les réseaux sociaux évoquent « une bataille perdue, mais pas la guerre ». On salue la bravoure des FAMA. Bref, en fin de soirée, ce communiqué du gouvernement tombe enfin, qui appelle au calme, reconnaà®t la défaite de l’armée malienne, qui aurait perdu ses positions antérieures. Cessez-le-feu immédiat, assurance de la poursuite du dialogue, refus de la stigmatisation, de l’amalgame… etC’… Il faut garder son calme. Car si une bataille a été perdue, la guerre est loin d’être terminée…

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