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Monnayer Kidal !!!

Moussa Mara avait promis de se rendre à  kidal pour honorer la promesse faite aux députés. Le pari est gagné mais à  quel prix ? l’initiative était bonne mais le mobile ne l’était pas. Il suffit de se demander ce que faisait le Premier ministre à  Kidal pour s’en rendre compte ? Comme le soutenait Félix Houphouà«t Boigny « la fidélité et l’honnêteté sont les ennemis de la politique ». Moussa Mara n’a pas su prendre le recul stratégique et en cela il a confondu « premier ministre et ministre primaire ». Nous l’avions dit ici, il a l’autorité de statut, il doit gagner l’autorité de compétence. Une présence physique à  Kidal ne confère pas cette autorité. Sous cape, les adversaires jubilent. Ils savent que l’erreur du chef du gouvernement remonte à  la déclaration de politique générale lorsqu’il déclarait que «le Mali ne sous traitera plus sa sécurité ». Ce fut un gros caillou incrusté dans les chaussettes de François Hollande qui attend le coup de fil de IBK pour agir à  nouveau. Le Mali a signé un accord de cessez-le feu stratégique. Les groupes armés terroristes ne dénonceront pas de sitôt cet accord puisqu’ils ont le contrôle de Kidal et les otages français autrement dit le beurre et l’argent du beurre. Seul un Etat-voyou peut leur ôter ces acquis. En quoi faisant ? Respecter l’accord C’’est accepter la partition du pays, ce qui est inadmissible. Le violer C’’est créer une jurisprudence pour les rebelles qui n’ont jamais rien respecté. Que faire alors ? En chute libre dans les sondages, obligé de satisfaire la boulimie des lobbys industriels avides de contrats miniers promis au lendemain de la guerre dans le septentrion Malien et à  la pression très forte des familles des victimes, François Hollande et ses partenaires ne veulent pas d’un Mali conquérant. C’’est donc le moment pour Koulouba d’adopter la « pirouette nigérienne » par la cession de contrats d’exploitation de minerais, de gaz et d’uranium à  des géants français, britannique, canadien et américain. Obligés d’investir et de sécuriser leurs biens, ils feront mieux qu’AREVA au Niger. Le Mali se délestera ainsi de la sécurisation du nord et bénéficiera d’un bon pactole pour le lancement des grands chantiers promis par IBK. Face à  des puissances occidentales mues par l’intérêt, devant des groupes armés terroristes habitués au gain facile, il faut un Etat voyou pour tirer la bonne carte. Alger, Casablanca voire bientôt Nouakchott, aucun accord diplomatique ne prospérera. Seuls le chéquier, la diplomatie économique et le banditisme d’Etat peuvent venir à  bout de cette complicité dénoncée entre les bandes armées et des puissances occidentales comme la France.

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