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Edito : dialogue malien, ne pas perdre le fil d’Ariane

Il s’en est fallu de peu pour que l’option du dialogue avec les groupes armés au Nord du Mali, ne tourne à  la bérézina complète pour le Mali après les tragiques évènements de Kidal et qui ont coûté la vie à  huit fonctionnaires maliens. Après la démission de Soumeylou Boubèye Maiga, ex ministre de la défense, qui demande l’ouverture d’une enquête parlementaire et cette autre démission du chef d’Etat Major des Armées, Mahamane Touré, les responsabilités sont partiellement assumées, mais pas totalement ; Le dialogue tant prôné par le Mali est désormais la seule voie officielle. Si les autorités s’activent pour faire passer le message aux quatre coins du monde(en témoigne la tournée européenne et américaine du ministre malien de la communication à  Paris, Bruxelles, New York et Washington) la semaine dernière et le passage d’Ibrahim Boubacar Keita vendredi au sommet de la CEDEAO à  Accra, il ne faut surtout pas perdre le fil du dialogue. Rétablir la confiance Modibo Keita, médiateur est donc celui qui tient le bout du fil. Et C’’est dans un labyrinthe pavé de bonnes intentions, qu’il s’engage. De retour de Ouagadougou, il y a rencontré certains groupes armés sous l’égide de Djibril Bassolé au moment o๠des voix autorisées s’élèvent pour clamer que ces négociations doivent se dérouler en sol malien. « Le processus de dialogue et de pourparlers inclusifs aura lieu, dans sa phase décisive, sur notre territoire au Mali. Nous souhaitons que l’administration puisse revenir à  Kidal le plus rapidement possible, dans un cadre à  convenir avec les groupes armés, avec la facilitation de la Minusma. Nous souhaitons évidemment que tous les prisonniers de l’armée malienne qui sont encore aujourd’hui aux mains de ces groupes armés puissent être libérés. C’est une mesure là  aussi de confiance. Nous sommes optimistes», a ainsi déclaré le Premier ministre Moussa Mara, dont le voyage a Kidal, le 17 Mai dernier n’aura pas été de tout repos ; Mais l’enjeu de ce dialogue est d’abord de réinstaurer la confiance entre les deux parties. C’’est donc toute la tâche qui revient au médiateur, qui envisage aussi d’autres voyages dans la sous-région. Sans doute en Algérie, qui avait proposé d’accueillir les négociations o๠en Mauritanie, o๠s’était tenue la réunion de lancement du G5 du Sahel. Une organisation destinée à  coordonner et à  mettre en synergie les efforts pour la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Autant dire que la tâche de Modibo Keita requiert patience et de subtilité. Du reste, le Maroc , un temps courtisé par les responsables du MNLA pourrait aussi faire partie du jeu. Un diplomate de l’Union Africaine, confiait, que plus il y avait de voix au dialogue, mieux ce serait. Soit, il faut pourtant donner à  chacun ses prérogatives, instaurer la confiance entre Bamako et les groupes armés rebelles. C’’est là  tout l’enjeu de cette reprise timide du dialogue, à  condition ne pas perdre le fil d’Ariane…

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