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Opposition : l’appel raté du 13 juin

Moussa Mara reste en poste. C’’est le contraire qui aurait surpris et le soumarin conduit par le Général Soumaila en ce 18 juin n’aura pas réussi à  libérer le Mali du joug de « Mara et son gouvernement ». Soit les parlementaires se jouent du peuple pour démontrer leur sens élevé de la patrie et leur souci premier de servir des populations désorientées, soit ils confortent la décision du Président de la république de garder Mara au lendemain des événements de Kidal. Se pose alors la question de la duplicité de l’opposition ? Légitime interrogation quand on sait que la démission souhaitée du premier ministre aurait pu être abordée avec le Président IBK qui a dernièrement reçu l’opposition et s’est même permis de lui révéler que la décision de démettre Boubèye Maiga lui revient ! N’était-ce pas l’occasion de poser sur la table la pertinence de remercier Moussa Mara ? Nous n’osons penser que l’opposition a accepté d’assurer le sale boulot au profit du Président de la république ! Dans tous les cas, la motion de censure de l’opposition a le mérite de donner un souffle nouveau à  la démocratie grippée d’un pays convalescent mais obligé de marcher pour donner des signaux rassurants aux perfuseurs financiers de la communauté internationale. Le débat battu, les débatteurs hébétés, les ébats étêtés, la vie parlementaire reprend son cours normal avec les absentéismes de certains, les applaudissements d’autres et les multiples questions orales de députés spécialistes du populisme. Tous ces honorables, d’un camp comme de l’autre, savent que le système en place ne permet pas de grandes mutations. Il ne peut en être autrement. Ils se sont battus pour avoir l’écharpe et les privilèges y afférents dont un virement de trente millions sous forme de prêt d’une banque internationale de la place et le fils élu de l’élu a dit que « Mara est le premier ministre dont le Mali a besoin » alors pourquoi chercher loin ! La messe étant dite, Moussa Mara, à  défaut de rendre le tablier, doit revoir sa copie en donnant corps aux projets du Président afin que le panier de la ménagère sente les efforts du gouvernement. Il a mis le doigt sur les plaies qui plombent l’essor du Mali à  savoir la rébellion, le terrorisme et la drogue. Le diagnostic posé, il doit trouver des solutions et refuser les invectives. Le Premier ministre a du travail et chaque jour un dossier brûlant vient grossir le parapheur et le dernier en date est l’évasion diurne (sous les yeux des gendarmes) des ravisseurs Mohamed Ali Ag Wassoudèn et Haiba Ag Acherif lundi dernier à  la Maison d’arrêt de Bamako, en pleine ville s’il vous plait. Ce n’est ni de l’insécurité, ni de la défaillance. C’’est plutôt de la somnolence sécuritaire.

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