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La guéguerre des drones

C’’est le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra qui annonce l’ouverture des pourparlers de paix entre le Mali et les groupes armés de son septentrion à  Alger à  la mi-juillet. Pour l’heure, l’on retiendra que le MNLA, le HCUA, le Mouvement arabe de l’Azawad, la coalition du peuple pour l’Azawad et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance participeront, côté rebelle, à  ce premier tour de table. Quid de la composition de la délégation malienne ? Le président IBK se fera t-il représenter par un émissaire spécial ou par les ministres de la défense, des affaires étrangères et de la réconciliation nationale ? En tous cas, le Premier ministre est d’office exclu de cette rencontre puisque ni les fonctionnaires Onusiens ni les groupes armés ne veulent de la présence de Moussa Mara considéré à  tord ou à  raison comme celui par qui le fil du dialogue a été rompu entre les différents belligérants de cette crise multiforme. Les icones du rendez-vous de juillet sont donc pour l’heure inconnus. Bamako, devenue prudente, laisse la main aux négociateurs internationaux pour ne pas froisser la communauté internationale qui exige là  et maintenant des résultats. La réunion ouverte ce matin au siège des Nations-Unies dressera une nouvelle feuille de route que Bamako sera tenue de valider. Il y va de l’appui des pays donateurs désorientés par la tournure des événements de Kidal de mai dernier et la transformation du septentrion malien en bourbier africain. Signe du ras-le bol des « amis du Mali » de la situation de ni paix ni guerre, la volonté des américains de déployer des drones pour en finir avec les Groupes Armés Terroristes qui allongent chaque trimestre la liste macabre dans les rangs des forces internationales engagées au Mali. Les drones sont certes efficaces mais l’histoire récente des guerres en Irak et en Afghanistan prouve que les «erreurs chirurgicales » conduisant à  l’élimination de partenaires gênants sont le fait de drones commandés par des humains ayant minutieusement identifié leur cible. Entre des icones inconnus et des drones incontrôlés, entre des fonctionnaires internationaux soupçonnés de collusion avec l’ennemi et des forces armées à  la solde de politiques indécis, le Mali va vers une table de négociants et une guéguerre à  l’issue incertaine.

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