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A Alger, un 14-Juillet qui passe mal…

Participation qui n’a été confirmée officiellement que lundi par le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra. Au grand dam de Saà¯d Abadou, secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidin – les anciens combattants –, qui affirmait qu’il n’en serait jamais question et n’envisageait une telle présence que « lorsque l’ancienne puissance coloniale présentera ses excuses pour les crimes commis en Algérie ». Depuis la confirmation de la participation de l’Algérie, Saà¯d Abadou demeure silencieux. Ecoeuré, mais probablement incapable de s’exprimer sur une décision qui, personne n’en doute à  Alger, a été prise par le président Abdelaziz Bouteflika en personne. D’autres ont pris le relais. Et, une fois n’est pas coutume, des islamistes et des laà¯cs se retrouvent dans le même camp, même s’ils n’avancent pas les mêmes arguments. Personne n’est surpris de voir les deux partis du pouvoir, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique, majoritaires au Parlement, « comprendre » et « approuver » cette décision. Saad Bouhadja, le porte-parole du FLN, y voit « le cadre de l’évolution des relations entre les deux pays depuis l’arrivée de socialistes au pouvoir, leur reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 et d’autres arrangements comme la crise du Mail ». L’Algérie « a besoin d’apaiser ses relations avec son environnement ». « SURENCHàˆRE ET HYPOCRISIE » Mohamed Corso, professeur d’histoire et ex-président de la Fondation du 8-Mai-1945, ne s’étonne pas : « Le président, des ministres et des responsables se font soigner en France, leurs secrets médicaux sont entre les mains des Français tout comme des secteurs économiques importants… Pourquoi cette sensibilité à  la participation d’officiers algériens aux cérémonies ? La dénonciation et la condamnation ne sont que surenchère et hypocrisie. » Abderrezak Mokri, chef du Mouvement de la société pour la paix (Frères musulmans), rappelle que les Algériens ayant pris part aux deux guerres ne l’ont pas fait en tant que « nation souveraine ou de leur propre gré. Ils y ont été forcés ». Des militaires algériens n’ont pas à  se montrer aux côtés de Français qui « refusent la repentance alors qu’ils la demandent aux Turcs pour les Arméniens ». Dans une chronique acerbe dans Le Quotidien d’Oran, Kamel Daoud note que le régime a tellement instrumentalisé l’histoire de la guerre d’indépendance que sa décision de « défier là -bas » heurte. Sur les réseaux sociaux, le communiqué dans lequel François Hollande exprimait sa « solidarité » à  Israà«l face aux « agressions » des Palestiniens est vivement critiqué. Il est devenu un argument imprévu des opposants à  la participation de l’Algérie aux cérémonies du 14-Juillet.

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