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France-Mali : L’accord est signé

Prévue pour le 20 janvier 2014, reportée à  plusieurs reprises, puis annoncée pour début juillet, la signature de l’accord entre la France et le Mali a finalement été effective ce mercredi 16 juillet 2014. Les parties maliennes et françaises se sont retrouvées au Ministère malien de la Défense pour parapher ce document qui aura provoqué bien de controverses sans que la position de Bamako et de Paris ne varie sur le sujet. Le Mali et la France sont donc désormais liés, 50 ans après les indépendances, par un document qui pose les bases juridiques de leurs nouvelles relations militaires. Selon le ministère malien de la Défense, ce traité de « coopération en matière de défense » entre les deux pays vise à  concourir à  une paix et une sécurité durables. Il est compatible avec les engagements de chaque Etat dans le cadre de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’ONU. Les termes de l’accord Peu d’informations ont filtré sur le document, hormis le document distribué à  la presse à  la fin de la cérémonie de signature. On peut y lire que « la première partie pose les objectifs et les grands principes de la coopération, ainsi que les domaines et les formes qu’elle prendra. La seconde partie concerne le volet statutaire des membres du personnel et des personnes à  charge. Cette partie est relative au partage des compétences entre les juridictions, les conditions d’entrée et de séjour, les dispositions fiscales douanières, les règlements des dommages, ou encore le soutien logistique et les moyens de communications ». Par ailleurs, et toujours selon le document du ministère, le traité couvre les personnels militaires français et les personnes à  charge au Mali et les personnels militaires maliens à  charge en France. Ce traité, conclu pour une durée de cinq ans reconductible, doit être encore être examiné par l’Assemblée nationale qui en autorisera la ratification. Pour Jean-Yves Le Drian, « C’’est un accord équilibré, équitable et qui fixe le cadre global de coopération ». Globalement, il va contribuer à  la stabilité et une paix durable du Mali, de prendre en compte la lutte contre le terrorisme, de formaliser la présence des forces françaises au Mali dans un cadre d’assistance, de soutien et d’appui. On souligne qu’aucune base militaire ne sera cédée à  la France. Jusqu’à  ce 16 juillet, la France et le Mali n’étaient liés que par un accord de coopération militaire et technique signé en 1985 et rendu public en 1990. Il y est expressément spécifié que les formateurs militaires français « ne peuvent, en aucun cas, prendre part à  la préparation et l’exécution d’opérations de guerre, de maintien ou de rétablissement de l’ordre ou de la légalité » au Mali. Il aura fallu pour la mise en œuvre de l’Opération Serval (janvier 2013-juillet 2014), que les deux pays procèdent à  « un échange de lettres officielles » pour permettre le déploiement des troupes françaises au Mali. l’accord signé ce jour permet donc de créer un cadre propice au soutien de la France au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et pour la sécurisation du pays, en proie à  une crise politico-sécuritaire depuis janvier 2012. Mais si pour les autorités des deux pays, la signature de cet accord est une formalité, l’opinion publique malienne s’est montrée hostile à  sa conclusion. Pour beaucoup de Maliens cet accord est « néocolonial » et constitue un « un grave retour en arrière sur le plan de l’indépendance et de la souveraineté maliennes » comme on a pu le lire dans plusieurs médias locaux et internationaux.

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