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Bernadette-Mah Ippet, du Parlement des enfants au YALI

Elle a eu « la chance d’être parmi les 500 sélectionnés sur 50 000 candidatures »… C’est avec une fierté non dissimulée que la jeune femme raconte cette expérience. Son nom, Bernadette-Mah Ippet Letembet, est connu dans le milieu associatif jeune au Mali. Son passage à  la tête du Parlement des enfants de 2002 à  2004, et son engagement au sein de l’association OPEN Mali lui ont forgé une certitude, « l’avenir appartient à  ceux qui le font ». Forte de cette conviction, celle que tous appellent « Ippet », 26 ans, ne recule devant aucun effort pour faire « face à  sa responsabilité de jeune ». « Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on doit attendre les bras croisés. Nous devons nous prendre en main ». Avec ses amis au sein de Oui Pour une Enfance Noble (OPEN-Mali), ils créent un réseau de jeunes dynamiques et solidaires, qui travaillent bénévolement à  soulager l’enfance démunie et conscientiser leurs pairs sur les défis majeurs de l’heure: VIH, insécurité routière, leadership… C’est dans ce dernier domaine que Ippet se fait rapidement remarquer. Diplômée en finances et management, elle prend la tête de OPEN Mali, fondée dans les années 2000 par de jeunes adolescents sensibles à  la misère des enfants démunis. A l’annonce du programme Young African Leadership Initiative (YALI), elle n’hésite pas à  tenter sa chance. Et l’inespéré survient, son dossier est retenu, ainsi que ceux de 5 autres jeunes maliens. Et par la même occasion, son projet qui porte sur la gestion des déchets et l’assainissement, un grand défi pour Bamako et le Mali. Elle devra cependant faire face à  un choix cornélien, saisir cette opportunité ou garder son emploi dans une société immobilière de la place. « Je choisis de représenter mon pays.D’aller apprendre pour mieux être à  son service ». Mi-juin, c’est parti pour six semaines à  la Florida International University. Elle y participe avec d’autres « YALI »,à  une session intensive, composée de cours sur la gestion publique, la gestion de projets et celle de l’environnement. Ponctués de cours sur le leadership et des actions sur le terrain, ce sont des journées bien remplies pour Ippet qui réalise une chose. « Nous avons encore beaucoup à  faire, à  prouver, nous jeunes du Mali. Grâce à  ce programme, je me suis découverte des potentialités qui étaient pour le moment sous-exploitées. C’est revigorée et encore plus motivée que je rentrerai chez moi », affirme la jeune femme. Qui souhaite intégrer une ONG pour travailler dans le développement en particulier en faveur de la petite enfance et de la femme. Dans quelques jours, la quasi totalité des participants au programme vont rentrer chez eux, la tête pleine de projets et l’envie de faire bouger les choses dans leurs pays respectifs. Ippet a, elle, choisi de rester quelques semaines supplémentaires pour continuer d’acquérir des connaissances et des compétences. Elle va effectuer un stage dans une organisation en tant que bénévole. Une opportunité pour toucher du doigt d’autres réalités, et surtout s’ouvrir à  d’autres façons de faire. A ses frères et sœurs maliens, la jeune femme veut servir d’exemple. Sa double nationalité, papa du Congo Brazza et maman malienne, semble la rendre encore plus sensible aux enjeux de l’heure qui ont pour noms réconciliation, tolérance, vivre ensemble. « Tous les jeunes aspirent aujourd’hui au changement. Nous sommes le futur, soyons ce changement à  travers notre engagement pour notre pays et son développement ». Parole de femme leader..

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