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Relations USA-Afrique : les leaders AFRICAINS conviés à Washington

« Cela a commencé sous l’ère Bush. il y a eu un changement progressif dans les relations entre les Etats Unis et le continent africain, vers quelque chose de plus humanitaire et lié au développement ». Cette assertion de Jennifer Cooke du Centre en stratégie et études internationales (CSIS), un think tank indépendant et influent de Washington, résume la politique africaine de l’Amérique. Loin de tout interventionnisme dans les nombreux conflits qui secouent le continent africain, les Etats Unis se sont engagés dans la voie du développement du continent, à  travers ses agences comme l’USAID ou des programmes phares comme le Millenium Challenge Account. Tout dernièrement, les Etats-Unis ont joué un rôle de second plan dans le conflit au Nord du Mali, en laissant d’abord la France intervenir pour contrer la percée djihadiste. « Les américains éprouvés par les guerres en Afghanistan et en Irak, préfèrent voir les africains augmenter et renforcer leur capacité militaire, à  travers la CEDEAO ou l’Union Africaine », explique Jennifer Cooke. Retrait donc sur le plan militaire, l’Amérique se contente d’appuyer les pays africains sur le plan de la logistique et du renseignement grâce notamment aux drones qui survolent le Sahel. Sur le plan de l’éducation, un domaine clé de la politique africaine d’Obama, les ambassades américaines offrent chaque année plusieurs programmes de bourses aux étudiants africains, désireux de se familiariser avec le pays de l’Oncle Sam. Plus médiatisé, le YALI fellowship désormais appelé « Mandela Washington Fellowship » s’ajoute à  la longue liste des initiatives prises par les différents présidents américains qui se sont succédés au pouvoir. On verra ainsi que Georges Bush en son temps, a beaucoup œuvré sur le continent africain, grâce notamment aux programmes de lutte contre le VIH Sida, tout comme Bill Clinton s’est résolument engagé en Afrique sur la bonne gouvernance ou les questions environnementales. De son côté Barack Obama, a mis l’accent sur la jeunesse africaine et le renforcement du secteur privé, gage d’un décollage rapide des économies africaines : « Parier sur les générations du futur, le potentiel des jeunes et leur capacité à  impulser le changement, C’’est l’une des priorités de la politique d’Obama. Plus que jamais, cette jeunesse africaine ne peut plus être laissée en marge », résume l’Ambassadeur Robert Jackson du Bureau des Affaires africaines, du département d’Etat. En outre, le président Obama, devrait avant la fin de son mandat, réaliser un autre voyage sur le continent, peut être lors du prochain Sommet YALI, qui doit se tenir en Afrique sub-saharienne. « Nous espérons qu’il viendra au Kenya, le pays de son père », confie David Ohito, un journaliste accrédité pour l’évènement. Un sommet historique ! Evoquant un sommet « véritablement historique », Obama a souligné qu’il illustrerait sa conviction que « la sécurité, la prospérité et la justice » dans le monde « ne sont pas possibles sans une Afrique forte, prospère et autonome ». « Ce sera le plus grand rassemblement de chefs d’Etat et de gouvernement africain jamais organisé par un président américain », « Si nous sommes conscients des réelles difficultés que rencontrent tant d’Africains chaque jour, nous avons le devoir de saisir le potentiel extraordinaire de l’Afrique d’aujourd’hui, qui est le continent le plus jeune et qui connaà®t la croissance la plus forte : « Il ne s’agit pas de contrer l’influence chinoise, mais de construire une relation durable, sur le plan diplomatique mais aussi économique. Un partenariat gagnant-gagnant en somme », résume Jennifer Cooke, qui estime que ce sommet des leaders, mérite plusieurs articulations. « Les face à  face risquent d’être compliqués et certains leaders pourraient se sentir frustrés et non entendus. Peut-être aurait’il fallu prendre ces Etats par sous groupes régionaux ou par centres stratégiques d’intérêt, conflits et sécurité compris », poursuit Jennifer Cooke. Qui y sera ? Qui n’y sera pas ? La Centrafrique, le Soudan, l’Egypte, le Zimbabwe de Mugabe sont privés de sommet. On estime que Catherine Samba Panza, présidente de transition et dont le pays est miné par des violences meurtrières, ne représente pas une autorité légitime pour être à  Washington. A Washington, viendront aussi des valeurs sûres comme les présidents Sall du Sénégal, John Mahama du Ghana ou encore Ibrahim Boubacar Keita du Mali dont le pays figure parmi les destinataires des programmes de développement américain. Une soirée sera d’ailleurs dédiée à  l’initiative « Timbuktu Renaissance » par la Brookings Institution, dans l’espoir de voir se réhabiliter très vite la vieille cité historique de Tombouctou, après la destruction des mausolées par les islamistes en Juin 2012. Vers plus d’investissements en Afrique Le sommet des leaders de Washington, mettra en interaction, les leaders africains et des chefs d’Etats éclairés face à  la société civile américaine et aux responsables politiques. Il y aura des signatures dans divers domaines, l’énergie, le transport, la santé, la culture. Mais aussi des rencontres entre leaders africains, membres du congrès et des CEO américains. Des annonces majeures sur des investissements dans le secteur privé seront également faà®tes en marge de l’ouverture officielle le 4 Août. Pour le Représentant américain du Commerce, Michael Fromen, « Il y a encore trop de chômage en Afrique… Le continent a toutes les capacités pour booster la croissance à  travers des entreprises innovantes et des start-ups..». Si l’actualité est évidemment dominée par les conflits israélo-palestiniens et russo-ukrainiens, tout est mis en œuvre pour que le sommet soit une réussite : « Nous parions sur l’extraordinaire dynamisme des relations entre l’Afrique et les Etats-Unis. Et nous pensons que ce sommet des leaders US-Africa fera les gros titres de la presse américaine», lance April Ryan, correspondante à  la Maison Blanche.

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