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US Africa-Summit : Les femmes, un investissement pour la paix et la prospérité

Ce panel  » Investing in Women for peace and Security » était modéré par Samantha Power, ambassadrice des Etats Unis aux Nations Unies. Il a réuni le président malien Ibrahim Boubacar Keita, Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la commission de l’Union Africaine et Jim Yong Kim, le président de la Banque Mondiale. Le panel a d’abord été introduit par Mme Valérie Jarret, conseillère spéciale du président américain Barack Obama, qui a rappelé tout l’engagement de son gouvernement pour la cause des femmes : « Ce sommet mettra en relief l’importance des femmes dans toutes les sphères du développement. En assurant une éducation aux filles et dans les domaines comme la science, les technologies, l’ingénierie, les mathématiques nous les préparons à  occuper les futurs postes de demain. Nous pensons aussi qu’inclure les femmes à  une plus grande échelle dans le domaine de la sécurité, de la prévention des conflits et de la diplomatie est nécessaire. Mais aussi, investir sur la participation des femmes dans le monde politique comme candidates et électrices et je peux vous dire, que notre congrès ici aurait été bien plus efficace s’il y avait plus de femmes représentées. (Applaudissements). Ces objectifs font écho au « Partenariat d’égalité pour le futur », a poursuivi Valérie Jarrett, une initiative du président Obama, qui vise à  faire tomber les barrières faà®tes aux femmes et encourage les leaders du monde entier à  prendre des mesures dans ce sens. 24 pays ont déjà  signé ce partenariat dont 5 pays du continent africain, à  savoir la Sierra Léone, le Sénégal, le Bénin, le Maroc et la Tunisie et nous espérons que davantage de pays africains signeront ce partenariat pour le futur », a-t-elle rappelé. IBK encense les femmes Non sans humour, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, qui s’est exprimé en anglais a rappelé à  l’assistance, les souffrances dont les femmes maliennes ont été victimes durant l’occupation de 2012 au Nord du Mali. « Viols, souffrances, les femmes ont subi beaucoup et d’ailleurs l’une des femmes maliennes, originaire de Gao, a été distinguée ici à  Washington en raison de son courage inouà¯. En ce temps là , porter un jean était puni, écouter de la musique, chanter, aimer même, étaient des crimes. On pouvait vous fouetter pour cela, et même vous lapider, enterré jusqu’au cou, en vous jetant des pierres jusqu’à  ce que mort s’en suive. Pendant cette période, les femmes se sont battues et ont mérité d’être louées ». « Je ne peux être ingrat envers elle, puisqu’elles ont soutenu ma candidature d’une manière extraordinaire, et parmi les 77% qui ont voté pour moi, je peux dire qu’il y avait au moins près de 45% des femmes », a confié Ibrahim Boubacar face à  son auditoire. « Durant toute ma vie politique, J’ai eu à  tâcher de les honorer. Les femmes demandent à  être considérées, et à  être traitées avec justice », a souligné le président IBK, qui a aussi cité le combat de la militante kenyane Wangari Maathai, récipiendaire du Prix Nobel de la Paix. Face à  Samantha Power, qui avait posé la question lors d’un séjour au Mali, le président malien a admis le fait que le gouvernement malien avait trop peu de femmes, et qu’un effort était à  faire dans ce sens. Il a cependant souligné que le portefeuille clé de l’économie était dévolu à  une femme. Et de citer l’exemple du Rwanda o๠la moitié du parlement est féminin. Le président a appelé les autres leaders à  faire de même en dépit du fait que les pesanteurs socio-culturelles freinent l’avancement des femmes. Notamment dans les partis politiques, o๠les femmes sont souvent marginalisées sur les listes électorales. A Washington, le président Keita a appelé à  un changement des mentalités, en raison du droit des femmes à  prétendre à  de meilleures positions. Pour lui, la micro-finance et les initiatives locales sont des outils majeurs pour aider la femme à  émerger et à  obtenir une capacité financière, pour s’occuper de la scolarisation de leurs filles notamment. Le président malien a aussi fait mention d’une loi adoptée la semaine dernière en conseil des ministres et qui encourage la promotion des femmes dans tous les domaines de nominations ou d’élections, pour pousser les partis politiques à  mieux considérer les femmes dans leurs stratégies de conquête du pouvoir. La présidente de la commission de l’Union Africaine, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, a rappelé le rôle clé de l’éducation et de la scolarisation des filles, et le fait que cette éducation renforce et donne de l’espoir à  la famille, en dépit du poids des traditions.

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