International › Monde

Sommet des leaders Africains : les attentes mais aussi…les coulisses

« C’est la plus grande réunion de leaders africains et de chefs d’Etats à  Washington, une première », a souvent répété Barack Obama, lors de ses différentes interventions face aux leaders africains et pour magnifier ces relations entre l’Amérique et le continent africain négligées lors de son premier mandat. Pour celui dont le père est originaire du Kenya, il fallait rectifier le tir, se tourner à  nouveau vers ce continent o๠il y a tant à  faire et o๠les perspectives économiques sont avérées. « Barack Obama a absolument raison de convier ces leaders à  Washington, c’est une chance pour le continent », lance ce chauffeur de taxi, éthiopien. Pour d’autres, il ne sortira rien de ce sommet, et l’Afrique ne doit pas s’attendre à  ce que l’Amérique investisse davantage en Afrique sans en attendre un retour. Si les échanges commerciaux entre le continent et les USA n’atteignent pas encore le quota espéré, il faut admettre qu’ils restent supérieurs à  ceux de la Chine avec le continent, vu comme le principal rival de l’Amérique, ce que les officiels américains se sont enhardis à  nier tout au long du sommet. La coopération Amérique-Afrique se veut gagnante-gagnante, basé sur des relations équilibrées et plus humaines. Mais selon Mo Ibrahim, le guru de la micro-finance, l’image qu’on a de l’Afrique est loin de la réalité. On montre souvent trois à  quatre pays, il faut aller voir les 50 autres ». Pour dire que convier 51 leaders à  Washington donne une perspective globale d’un continent d’une grande complexité et o๠les défis sont de taille.  » Si l’électricité ne faisait pas défaut en Afrique, elle serait géante ». Notre responsabilité est de fournir nos populations les services sociaux de base comme l’éducation, la santé etc.L’Afrique a été dépendante pendants longtemps » a rappelé le président rwandais Paul Kagamé lors du panel des chefs d’Etats. Côté malien, les attentes se focalisent évidemment sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic au Sahel. Reçu par le président malien Ibrahim Boubacar Keita, Elston Bird, ex membre du Congrès a déclaré : « Nous nous réjouissons de voir qu’il y a eu une feuille de route pour la paix. La situation au Nord du Mali est une situation qui ne concerne pas que le Mali. La lutte contre le terrorisme intéresse aussi le gouvernement des Etats-Unis ». Dresser les contours de l’avenir d’un continent De manière générale, ce sommet unique en son genre appelle les chefs d’Etats a leurs responsabilités pour hisser le continent vers le progrès social. En outre, il s’adresse aussi à  ces jeunes leaders YALI reçus par le couple Obama une semaine auparavant, ceux là  qui gouverneront l’Afrique de demain. « Aidons les à  avoir plus confiance en eux et en leur pays. Les extrémistes ne proposent pas d’alternatives viables aux jeunes et les exploitent putôt », a ainsi souligné le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Pour le président tunisien Moncef Marzouki, à  l’issue de ce sommet, l’amélioration de l’environnement économique africain doit aller de pair avec une justice sociale. Nous ne voulons pas d’un développement qui ne profite pas aux populations ». Il faut donc dresser de manière adéquate les contours de l’avenir d’un continent fort de 54 pays : « la relation de donateur à  bénéficiaire doit laisser place au partenariat gagnant-gagnant. L’Afrique change et six des dix économies émergentes sont là  bas », rappelle le président tanzanien Jakaya Kikwete. « En 2010, le journal The Economist titrait « le continent du désespoir » et pourtant l’Afrique est prometteuse. C’est trop exiger de l’Afrique qu’elle se développe en 20 ans alors que l’Europe a mis plusieurs décennies à  s’industrialiser », souligne Macky Sall le président sénégalais. Pour Jim Yong Kim, président de la Banque Mondiale, le défi réside dans l’énergie et investir dans le secteur de l’électricité requiert de baisser les tarifs et d’augmenter le nombre de personnes ayant accès. C’est tout l’objectif de l’initiative américaine Power Africa. Stephen Schwartzman, PDG de Blackstone, précise qu’il faudrait environ 3 milliards de dollars pour électrifier toute l’Afrique. L’énergie solaire est aussi considéré par de nombreux leaders comme une alternative pour assurer l’éducation de base et permettre à  de nombreux enfants défavorisés des zonez rurales de pouvoir étudier. Enfin de compte, a nuancé le vice président américain Joe Biden, « il ne s’agit pas de se demander ce qu’il faut faire pour l’Afrique, mais ce nous pouvons faire avec l’Afrique ». Le sommet côté coulisses A quelques rues du building immense du département d’Etat américain, o๠se tiennent les grandes sessions sur la paix et la sécurité régionale ou encore « la gouvernance pour les générations futures », une manifestation a lieu, celle de la communauté éthiopienne très nombreuse à  Washington, et qui réclame l’aide des Etats-Unis pour la libération de journalistes emprisonnés et maltraités en Ethiopie. De l’autre côté de la rue, un système de sécurité impressionnant pour pénétrer dans l’enceinte du sommet. Le badge et les fouilles sont de rigueur. Les américains ne plaisantent jamais sur leur sécurité encore moins sur les précautions en matière de santé publique. Ainsi lors de l’arrivée des Chefs d’Etats à  Washington, confie un journaliste accrédité pour l’évènement, des experts du CDC, le centre pour le contrôle des maladies basé à  Atlanta, étaient là . Appareils de rigueur, ils scannaient la température de nos chefs d’Etats. Avec l’arrivée aux Etats-Unis de deux patients atteints du virus Ebola, l’alerte est maximale et la confiance n’exclut décidément pas le contrôle. Tandis que certains s’insurgent du fait que l’Amérique prend toutes les précautions pour sécuriser ses citoyens, les malades du virus Ebola continuent de mourir en Sierra Léone, déplore Rebecca Amman, journaliste nigériane. A coté de ces gros titres qui font la une de CNN ou du Washington Post, et les grandes annonces faites par les leaders ou les responsables de l’administration américaine, il y a le faste et le glamour du sommet. La réception donnée en l’honneur des leaders africains par le couple Obama a donné lieu à  une série de photographies colorées ou les premières dames se sont faites remarquer par leur éclat. Sous l’immense tente, le président Obama l’a d’ailleurs noté : « Il faut bien admettre que nos épouses et premières dames nous éclipsent ce soir par leur élégance »; Barack Obama qui vient tout juste de fêter ses 53 ans, a ensuit porté un toast à  ses convives en rappelant qu’il était un enfant de l’Afrique et en promettant des relations d’affaires équitables avec le continent africain, et une prospérité vers laquelle chacun des leaders de la Zambie au Mali, doit se tourner. Mercredi, dernière journée du sommet. Le sommet des premières dames, présidé par Michelle Obama donne le ton avec l’allocution de l’ancien président Georges W Bush. Des thématiques majeures comme le Sida, la transmission mère enfant, les violences contre les femmes dans les zones de conflits sont discutées en présence de l’ex première dame Laura Bush et son époux, qui il faut le rappeler, ont beaucoup œuvré en Afrique Sub-Saharienne pour endiguer l’épidémie du Sida ou accélérer l’accès aux traitements anti rétroviraux. Sur l’éducation des filles et l’autonomie financière des femmes, Michel Obama, a promis de s’engager bien après la Maison Blanche. Gros panel du jour. La question de la sécurité qui intéresse beaucoup de journalistes présents ici. Dans l’immense Media Center de l’Institut américain pour la paix, certains sont rivés aux écrans géants. » A défaut d’être en « pool », c’est-à -dire accrédité pour les panels, je me plante au Média center », confie Andrews, un reporter du Ghana, caméra en main. Très peu de journalistes parmi les 1200 accrédités ont été autorisés à  couvrir les sessions et doivent même être escortés pour cela. Inutile de forcer, à  moins d’avoir un badge de rigueur, vous n’entrerez pas. De plus, les journalistes sont parfois juste autorisés à  couvrir dix minutes d’une session puis gentiment reconduits hors de la salle. Sauf si vous êtes membres de la délégation officielle d’un pays, les choses se passeront mieux. Avec en tout, près de 51 délégations présentes à  Washington, il faut contrôler les flux, les allers et venues de la presse entre les trois bâtiments phares du sommet que sont l’Institut pour la paix et la sécurité, le département d’Etat et la National Academy for Sciences ou le John Kennedy Fitzgerald Center. Pour clore cette troisième et dernière journée du sommet, la conférence de presse de Barack Obama, est vivement attendue par l’ensemble des journalistes accrédités à  Washington, mais seuls quelques élus auront la chance de poser une question à  Potus. A suivre…

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut