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Non, au Nord il n’y a pas que ceux qui veulent d’Azawad…

Ce lundi 1er septembre 2014, le second round des négociations entre les groupes rebelles armés et le gouvernement malien doit démarrer à  Alger. Il s’agira pour les deux parties d’engager un dialogue débarrassé de tout faux-fuyant, qui conduira à  un accord global et définitif et qui sonnera l’épilogue d’une crise qui aura rendu tous ou presque groggy. Et il ne fait aucun doute que partout dans le pays, l’on dédiera à  ces pourparlers une attention sans pareille. Depuis bientôt un an, ils sont attendus, et rares sont ceux qui contestent le fait que dans ces négociations se jouent quelque part l’avenir du régime d’IBK. La semaine dernière, a eu lieu à  Ouagadougou une rencontre dite « des mouvements de l’Azawad », à  l’issue de laquelle les groupes armés ont fait une déclaration. Ces « mouvements politico-militaires » ont uni leur voix pour demander « un statut politique et juridique pour l’azawad ». C’’était le point nodal de cette rencontre. C’’est un fait, la rébellion MNLA, et ses émules HCUA, MAA…, ont permis à  toutes sortes de discours de refaire surface sur le Nord du Mali, une partie du pays qui a été présentée comme absente ou exclue de la considération du pouvoir politique central de Bamako. Dans la surenchère verbale, les rebellions ont même accusé le pouvoir d’avoir sciemment maintenu le Nord dans le sous-développement. Et aujourd’hui, les peuples sahariens, peuls, sonrhaà¯, touareg, arabes… sont devenus « peuple de l’Azawadord du Mali » qui mènerait « depuis plus de 50 ans la lutte pour donner à  l’Azawad un statut spécifique, conforme à  ses réalités géographiques, économiques, sécuritaires, sociales et culturelles… » Cette manière de présenter les choses est inacceptable. l’appellation « peuple de l’Azawadord Mali » n’est rien de moins que pure invention, dangereuse aussi. Elle est utilisée abusivement par ces groupes rebelles pour parler au nom des populations à  qui ils nient le droit d’exister, de décider, de choisir… Oui, voilà  aussi 50 ans que les Peuls, Sonrhaà¯, une immense majorité de Touareg et d’Arabes se voient classer dans un ensemble dans lequel ils ne se reconnaissent pas, et auquel ils n’ont rien à  voir. Dire cela, C’’est être de ceux qui ne refusent pas de voir. On peut prendre les armes et sombrer dans le marais du gangstérisme, du banditisme. On peut du jour au lendemain donner un caractère politique à  ce qui n’était au départ qu’un soulèvement ethnique- car C’’était cela qu’on le veuille ou non. On a le droit de chercher à  se trouver des « amis » chez les puissants ; et pour des raisons plus ou moins morales on peut en trouver. Mais on n’a pas le droit, quelque soit le degré qu’on ait atteint dans le gangstérisme, de parler au nom de populations qui ne se reconnaissent pas dans ses discours. Les « amis » puissants peuvent vous aider, mais cela ne change rien au fait que vous menez un combat de démagogie identitaire et de surenchère. Et il est clair que tôt ou tard, ces Peuls, Touareg, Arabes, Sonrha௠qui ne se reconnaissent pas dans l’ensemble « Azawadord Mali » vont se décider à  dire basta ! Partout au Mali, la corruption, le péculat, l’injustice sociale, le népotisme, la politique de démission des tenants du pouvoir sont une composante naturelle du quotidien du peuple. Partout, de Kayes à  Kidal, ces tristes réalités sont vécues de manière quotidienne par des milliers de maliens et de maliennes qui se battent, sans retenue, pour réussir. Si au Nord, comme dans les autres régions, il y a des communautés qui n’ont jamais pris les armes contre l’Etat malien, ce n’est pas parce qu’ils somnolent dans leur misère. Non, loin de là  ! Au contraire, elles savent mieux que personne que le Nord, ce ne sont que des immensités dont les arbres (des épines pour la plupart), le sable, les eaux… s’en disputent le contrôle. Elles le savent, mais n’en font pas un problème. Car elles sont assez sages pour savoir que cela ne vaut une raison de former des groupes rebelles fantoches!

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