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Hommage à Claude Verlon et Ghislaine Dupont…en poésie

Il y un an, le 30 octobre, Claude Verlon et Ghislaine Dupont étaient pleins de vie. Ils avaient pris la direction de Kidal pour préparer le spécial RFI sur la paix et la réconciliation au Nord du Mali. Dans cette région désertique vaste et zone de non droit, ils trouveront la mort le 2 novembre 2013, assassinés à  quelques kilomètres à  la sortie de Kidal. Au même moment à  Bamako, se tenaient les Assises du Nord et qui réunissaient toute la société civile du Nord et les élus du peuple. Aujourd’hui, les amis de Claude Verlon et Ghislaine Dupont exigent que vérité et justice soient faites sur les circonstances de leur mort. Mort qui a ému tout un peuple. « Au nord, les femmes sont des reines, ce n’est pas dans notre tradition de tuer une femme », lancera ce malien de Kidal à  la cérémonie d’hommages organisé ce 30 otobre à  Bamako et o๠sont venues de nombreuses personnalités telles Jean Marie Idrissa Sangaré, ancien ministre de la communication du Mali, Tiébilé Dramé, un ami de longue date de Ghislaine, Gaoussou Drabo, ex ministre, Fatoumata Siré Diakité de l’APDF, ou encore Oumar Mariko ainsi que toutes les associations de presse comme l’Assep, le Groupement patronal de la Presse, le syndicat des journalistes reporters du Mali. Tous ces hommes de médias ont tenu à  rendre un hommage appuyé à  ces deux vétérans de RFI. Dans la salle, il y avait les amis de Ghislaine et Claude, mais peut-être Ghislaine et Claude eux-mêmes étaient là  car,dit Moctar Kounta, éditorialiste au Républicain, « les morts ne sont pas morts. Ils sont dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit, les morts ne seront jamais morts ». Ces quelques paroles du poème de Birago Diop ont planté le décor. Odes à  la vie, odes à  la mort, point de place pour la tristesse, mais le souvenir seul de deux « passionnés de l’Afrique et des Africains. « Ils avaient une claire conscience du danger que représentait la situation à  Kidal, pour le Mali, Ghislaine était une grande amie de l’Afrique et des Africains », dira Tiébilé Dramé. Ces mêmes mots, Tiébilé Dramé les avait prononcé au Quai Branly à  Paris lors d’une cérémonie quelques jours après la mort des deux reporters. Pourquoi sont-ils morts ? Pourquoi ?, s’interroge l’éditorialiste Adam Thiam. Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont-ils vu, su ou entendu quelque chose qu’ils n’auraient pas du voir, savoir ou entendre ? l’heure n’est plus aux réminiscences, ni aux pleurs, puisque, insiste Thiam : « Aujourd’hui nous ne pleurerons pas. Nos voix trembleront mais nous ne craquerons pas. Ne pas savoir nous met tous en sursis et il faut savoir, alors, nous saurons ». Quelques confrères se sont ensuite exprimés, notamment Alexis Kalambry, du journal Les Echos: « Rendre hommage aux martyrs, permet de fortifier ceux qui sont encore dans le travail. Pour l’ancien ministre Gaoussou Drabo, la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon doit cultiver le devoir de mémoire, le refus de l’indifférence et de l’attentisme, car tel que le disait Albert Camus, il vaut mieux avoir des problèmes de liberté de presse, que pas de liberté de presse du tout. Cette liberté, Claude Verlon et Ghislaine Dupont l’avait dans le sang et leur amour pour l’Afrique, les a conduit à  leur destin. Désormais, une bourse pour les journalistes africains portent leurs noms. Qu’ils reposent en paix…

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