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Cheick Tidiane Gadio sur la sécurité en Afrique : « Mutualiser(les efforts) ou périr »

Les rideaux sont tombés hier dans la capitale sénégalaise sur les travaux du forum sur la paix et la sécurité au Afrique. En marge de cette rencontre de haut niveau, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Chieck Tidiane Gadio, a donné ses impressions sur la question sécuritaire en Afrique. l’ancien ministre ne varie pas sur sa position d’une Afrique unie comme prêchée par des grands panafricanistes à  l’instar de Kwamé N’Krumah. l’ex-chef de la diplomatie d’Abdoulaye Wade a insisté sur la nécessité pour les Etats africains de mutualiser leurs efforts, leurs moyens et leurs ressources. Et même leur intelligence ainsi que leur souveraineté. C’’est la condition sine qua non, selon lui, pour le continent de pouvoir tenir tête aux défis qui l’assaillent et aller de l’avant. Il déplore qu’au nom de la souveraineté et de l’indépendance, les Etats africains mettent des obstacles dans leur politique. « A quoi sert une indépendance et une souveraineté quand les djihadistes peuvent, au moyen des pick-ups, enter dans n’importe quel pays ? On peut croire que C’’est le Mali qui est vulnérable mais beaucoup de nos pays ont des problèmes de vulnérabilité», prévient-il. Car, explique Gadio, malgré l’organisation et le patriotisme de nos armées, le rapport de force leur est défavorable, les forces organisées à  savoir les djihadistes ayant plus de ressources financières et de moyens ainsi qu’une meilleure organisation. D’o๠cette conviction du directeur de l’Institut panafricain de stratégique : « Ou on mutualise nos efforts, ou on périt individuellement … ». l’exemple du Tchad Quid de la force africaine de réaction rapide ? Il répond qu’il y a un début de mise en place de ce projet avec des pays africains qui commencent à  envoyer déjà  des troupes, des moyens et des ressources pour aller ensemble. La force africaine de réaction rapide pour être possible, de l’avis de Chieck Tidiane Gadio, dépend de l’abandon partiel de souveraineté des Etats sur certaines questions, mieux une mutualisation des concessions faites pour être mieux protégés défendus ensemble. « Le Tchad a joué un rôle extraordinaire au Mali. Tout le monde a applaudi. Est-ce que le Tchad a violé la souveraineté du Mali ? Pas du tout. Et C’’est comme ça que mous voyons une mutualisation », enseigne l’intellectuel sénégalais. Le chantre du panafricanisme va plus loin en proposant purement et simplement des bases militaires panafricaines. Il s’agira donc d’avoir par exemple dans la zone du Sahel une ou deux bases militaires panafricaines installées au Tchad, en Mauritanie, au Sénégal ou ailleurs. Et o๠nos soldats partageront la solidarité du même drapeau, C’’est à  dire qu’ils défendront les mêmes couleurs. Ils seront dans les mêmes campements et feront les mêmes entraà®nements du type forces spéciales. l’homme préfère retourner à  la communauté internationale la question relative au financement de ce dispositif. « Comment se fait-il que vous trouviez l’argent quand le conflit est ouvert avec des centaines ou des milliers de morts ? Cette logique de courir après les conflits et non de les anticiper doit changer », martèle-t-il.

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