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31 décembre : les Bamakois ont-ils le cœur à la fête?

Nous sommes à  Kalabancoro, une commune située au sud-ouest du district de Bamako, sur la rive droite. Sur la voie des « 30 mètres », les automobilistes et motocyclistes tous pressés, courent rejoindre leur lieu de travail. Le bissaba nikelé (31) est loin d’être une préoccupation pour beaucoup. Non loin de la voie, un groupe de jeunes assis autour d’un thé accepte volontiers discuter des préparatifs du réveillon. Boukary, chef du « grin », déroule « ‘’méché walaye », actuellement nous n’attendons que demain soir pour mettre le feu à  Bamako avec nos go ». Fidèle, jeune homme d’environ 14 lunes, avouait dans un nuage de fumée qu’il avait laissé échapper de la bouche une seconde plutôt « Moi, mon père dit qu’il n’a pas d’argent à  me donner pour que J’aille faire la fête le soir du bissaba nikele, mais ‘’walaye dangan dhé né bena toyi‘’». Il venait de déclarer qu’il aurait de l’argent par tous les moyens et ce même sans l’accord de son père. Difficile de faire une analyse crédible avec seulement ces jeunes qui ne pensent qu’à  faire la fête. Dans le quartier d’affaires de l’ACI 2000 à  Bamako, trois hommes et une femme rencontrés sous un hangar n’ont pas le C’œur à  la fête. Ousmane, administrateur, se confie « 2014, nous le savons tous est l’année la plus difficile qu’a connu le Malien. Plus personne ne mange à  sa faim, on se contente du minimum pour survivre ». Assa Diallo, secrétaire dans la même boà®te déplore: « les fêtes de fin d’année, une belle bêtise oui. Aucune fête, soit–elle musulmane ou chrétienne n’a été célébrée comme il le faut cette année à  Bamako. l’argent manque comme les larmes dans les yeux d’un délinquant habile. Alors le bissaba nikele, C’’est fichu cette année ». Bob, comptable sirotait toujours son café bien qu’il ne restait plus rien dans le verre, nous interpelle en détaillant « les gens souffrent, il n’y a pas à  manger parce qu’il n y a pas d’argent. Des sommes colossales sont investies dans des avions alors que nos ventres sont vides. Le pouvoir d’achat est misérable parce que nos dirigeants ont préféré détourner les fonds publics plutôt qu’investir. Alors que pouvons-nous attendre des fêtes de fin d’année si ce n’est que néant. Le peuple a intérêt que 2015 soit différent ». Un coup de gueule qui aura étalé les intentions et indignations de ces personnes. Toujours à  Hamdallaye ACI, des motocyclistes attendent désespérément, que Samba, chef mécanicien répare leur engin. Gai et content d’avoir trouvé un sujet de conversation qui leur ferait oublier cette insupportable attente, Ladji, marabout guérisseur, ne cache pas sa déception. « Avant, même nous les vieux savions quand le 31 décembre approche parce que les enfants rapportaient à  la maison beaucoup de poulet. Mais aujourd’hui, mon fils C’’est grâce à  toi que J’ai su que demain C’’est le 31 décembre. Plus personne ne fait allusion à  cette fête simplement parce que les temps sont durs ». Alassane Touré, fonctionnaire à  la retraite qui avait ricané à  la déclaration de Ladji se confessa «votre situation est beaucoup meilleure que la nôtre ladji. Toi et Samba avez au moins trois à  quatre clients par jour alors que moi je n’ai que ma misérable pension à  partager entre mes quatre épouses. Alors, il est fort logique que nous ne parlions pas de fêtes chez nous, cette année encore ». Tous espèrent que 2015 soit meilleure sur le plan économique surtout.

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