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Fier de ma plume, honte de coreligionnaires

Et Dieu créa le monde en sept jours ! Et ils tuèrent douze personnes un sept janvier. Aucun qualificatif n’est de trop pour dénoncer cette boucherie ignoble. Comment peut-on opposer des armes à  feux à  des stylos ? Comment peut-on opposer la cruauté à  des opinions ? Comment peut-on opposer la mort à  la satire ? Le musulman que je suis a aujourd’hui mal de faits criminels imputés à  sa religion. Ai-je mal compris que l’islam C’’est la paix ! Ai-je mal appris que le C’œur du prophète Mohamed a été sculpté dans la compassion ! Ai-je mal assimilé le coran qui prône le respect des croyances individuelles ! Il est vrai que la foi est une corde sensible mais caricaturer l’Islam n’est-ce pas le reconnaà®tre ? Railler le prophète Mohamed comme l’avait fait Salman Rushdie n’est-ce pas lui tailler une stature dépassant l’entendement humain ? Ma profession de foi (shahadda) est certes éternelle mais face à  des tueurs, je refuse de casser ma plume. J’avoue avoir honte des actes de mes coreligionnaires et être fier de mon métier de journaliste. Si « une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail » alors nous journalistes refusons que le gouvernail soit entre les mains des criminels d’autant que le véritable djihad combat les pulsions et passions de l’âme dans l’optique d’humaniser l’homme pour un monde meilleur. Ce monde meilleur est de la responsabilité de nos Etats. Quarante-huit heures après les faits, l’on constate malheureusement l’impuissance de nos Etats face à  des tueurs froids. Depuis l’Afrique, l’on s’indigne en oubliant qu’ici à  Bamako une lettre anonyme ayant valu une interpellation au doyen Saouti Haidara faisait part « de la volonté de groupuscules armés désireux d’attaquer des édifices publics et des bâtiments stratégiques ». Qu’est-ce à  dire ? Nous ne sommes ni protégés ni épargnés. Ceux qui ont osé défier Paris n’auront aucun mal à  dupliquer leurs exactions macabres dans des pays o๠l’Etat refuse de redoubler de vigilance. La boucherie de Charlie Hebdo fait peur ! Elle traumatise les journalistes surtout ceux en service dans des pays visés. Le Mali, à  peine, sauvé de l’avancée djihadiste est averti. Les patrons de presse de la capitale doivent revoir les mesures de sécurité autour des rédactions puisque des cellules dormantes djihadistes pourraient bien exister dans les grandes villes « libérées » voire « épargnées » du moins pour l’instant.

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