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Négociations d’Alger : la pression internationale est passée par là…

Après plus de deux mois de blocage, les négociations inter-maliennes doivent reprendre ce mercredi 11 février 2015 dans la capitale algérienne. l’enjeu de la présente phase est clair : il s’agit pour les parties de parvenir à  la signature d’un préaccord susceptible de garantir une paix globale et définitive. Autour de la table le gouvernement malien et les groupes armés se feront face de nouveau en présence de l’équipe de médiation internationale pour apporter les amendements et corrections effectués sur le « projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». Un document qui leur a été remis été à  l’issue de la dernière phase des négociations en novembre dernier. De part et d’autre, l’on nourrit le secret espoir que cette phase de février sera celle de la dernière chance. En tout cas l’équipe de médiation internationale sous la houlette de l’Algérie compte mettre tous las atouts de son côté pour amener les protagonistes à  tomber d’accord sur quelque chose. Les réactions musclées des Nations-Unies menaçant les parties à  reprendre incessamment le dialogue sous peine de sanction témoignent de cette volonté. l’Algérie, qui abrite les négociations, ne veut pas qu’elles sombrent dans l’enlisement. Le pays de Bouteflika veut voir vite la signature d’un préaccord entre les protagonistes pour s’occuper de ses propres affaires dans un contexte marqué par la baisse du prix du pétrole. Contexte sécuritaire tendu Seulement voilà  : les négociations reprennent au moment o๠l’on assiste, non sans inquiétude, à  une recrudescence de la violence et de l’insécurité dans les régions du Nord du Mali. Les événements tragiques de Gao et les affrontements sanglants entre le Gatia et le MNLA à  Tanbakort sont venus rappeler les difficultés du processus des négociations. Une situation précaire qui pousse nombre d’observateurs à  ne pas parier la réussite du processus. En effet jusqu’ici les positions du gouvernement d’une part et celles des groupes armés (une partie) restent tranchées. Le gouvernement malien rejette toujours sans ménagement toute idée d’autonomie ou d’indépendance tout comme il récuse la dénomination Azawad pour appeler les régions du nord. En revanche, il défend mordicus l’indivisibilité du Mali, le caractère républicain et laà¯c du pays. Décentralisation poussée Dans la capitale algérienne, la délégation malienne ira plaider son projet de décentralisation poussée considérée pour elle comme la solution à  la crise aussi bien au nord du Mali que dans les autres régions. Ce qui doit certainement passer aussi par la levée des ambiguà¯tés décelées dans le projet d’accord comme le concept des régions intégrées. Du côté des groupes armés, il importe de signaler qu’ils ne sont pas sur le même registre. En effet les groupes armés regroupés au sein de la plateforme sont proches du gouvernement malien et contre la division du Mali. Ils aspirent néanmoins à  une refonte de la gouvernance locale en mettant au centre du processus de développement des régions du nord les populations. Quant aux mouvements armés de l’Azawad réunis au sein de la coordination à  savoir le MNLA et ses alliés, ils réclamaient encore lors de la phase de novembre une indépendance avec un hypothétique Etat de l’Azawad. Ce, au grand mépris de la feuille de route, boussole des négociations et qui écarte d’emblée toute idée d’autonomie ou d’indépendance. Vont-ils finalement revenir à  la raison ou tenter un baroud d’honneur ?

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