Politique › Politique Nationale

Faut-il reporter les communales ?

Les communales couplées aux régionales d’Avril 2015 auront-elles lieu ? La question demande réflexion puisqu’une dizaine de partis politiques réunis le 24 février avec les hauts responsables de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, dont Abdoulaye Idrissa Maiga, chef du département, Mamadou Diamouteni de la CENI, Moriba Sinayoko de la Direction nationale, ont une nouvelle fois demandé le report des élections communales et jusqu’à  nouvel ordre. Listes électorales incomplètes… Première raison invoquée, la révision incomplète des listes, tenue en début du mois du février et qui ne prend pas en compte une partie du Nord du Mali, pour les raisons sécuritaires que l’on sait. Cette révision se basait sur les données de la dernière opération issue du Recensement administratif à  vocation d’état civil, RAVEC. Avec les insuffisances qui ont émaillé ce recensement à  caractère pourtant national, les partis politiques, se basant sur des données de la CENI, déplorent que certains cercles des villes de Ménaka, Bourem, Ansongo, Diré et même Tombouctou, plus accessible et Ténénkou, n’aient pu profiter de ladite révision, ce qui justifierait sans autre forme de discussion, le report des communales. 35 communes seraient concernées dans un pays qui en compte 703. Un chiffre qui paraà®t dérisoire mais a son importance dans un contexte o๠l’unité nationale, la réconciliation sont prônées, malgré la difficulté et les blocages résultant des négociations d’Alger face à  des groupes armés aux velléités sécessionnistes. Pourquoi reporter ? l’enjeu de la demande de report de ces communales sous-tend une volonté d’enfin ressouder et consolider le tissu national, et donc de prendre en compte tout citoyen dans les échéances électorales, or estime le représentant d’un parti politique : « A vouloir se précipiter, il y aura des laissés pour compte et de nouvelles frustrations ». La signature d’un accord de paix, serait alors l’urgence de l’heure. Même si l’issue d’Alger V, o๠certaines mouvances ont fait savoir qu’elles ne voulaient pas du Mali tandis que d’autres ont signé un accord de cessez-le-feu pour poursuivre le processus de paix, reste compliquée, « organiser des élections sans une partie du pays reviendrait à  consacrer de facto sa partition », préviennent certaine formations politiques. Mamadou Diamouteni de la CENI, admet lui que la révision est quasi effective partout au Mali sauf à  Kidal et dans une partie des régions de Tombouctou, Gao et Mopti. Presque la moitié du Mali si l’on s’en tient à  la dimension géographique du territoire…En outre, selon Alou Sina Théra, délégué général adjoint aux élections, on estime à  environ 621044, le nombre de nouveaux électeurs potentiels identifiés, un chiffre non négligeable qui viendrait s’ajouter aux 6 millions déjà  recensés au Mali. Trop tard pour changer de fusil d’épaule ? l’Administration territoriale va-t-elle une nouvelle fois bouleverser le chronogramme ? Ou va-t-elle rester sourde aux demandes des partis politiques pas pressés d’aller aux urnes ? Pour Moriba Sinayoko, Directeur national de l’Administration territoriale, les choses seraient engagées. Les collèges électoraux ont été convoqués, le délai pour le dépôt des candidatures a été fixé au 12 mars, dans une dizaine de jours et la publication définitive des listes est arrêtée au 6 avril. La campagne devra débuter le 10 avril et l’élection se tenir le 26 avril… Force est de constater que depuis quelques temps au Mali, tenir les élections, coûte que coûte et malgré le contexte. La présidentielle a eu lieu pour redonner une légitimité constitutionnelle au Mali avec l’appui pressant de la communauté internationale. Les législatives ont suivi pour remettre en marche une Assemblée Nationale post-crise o๠le mandat de l’ancienne législature avait été rallongé. Et maintenant, les communales doivent consacrer les nouveaux élus des 703, pardon, de 600 et quelques communes du Mali… Reporter le scrutin ? Tout dépendra de l’issue des négociations d’Alger o๠tout se joue du jour au lendemain, à  moins ce qu’une main invisible ne vienne encore s’en mêler…

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut