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Procès Karim Wade : Un verdict pour l’histoire

Le rideau vient de tomber sur le feuilleton judiciaire qui a tenu le Sénégal en haleine pendant près de deux ans et demi. Après un mois de délibéré, le président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Henri Grégoire Diop, a dévoilé ce lundi 23 mars le jugement rendu contre Karim Wade, 46 ans, et ses neuf co-prévenus – dont quatre se trouvent hors du Sénégal. Le fils de l’ancien président écope d’une peine de six ans de prison ferme, et d’une amende de 138 milliards de francs CFA. Quant à  ses complices, leurs peines s’échelonnent de cinq à  six années de prison, assorties d’amendes, mais sans peine de privation des droits civiques. Pierre Goudjo Agboba et Mbaye Ndiaye sont quant à  eux relaxés. Un procès pour l’histoire Dans un pays normal, un procès fut-il celui d’un ancien président de la république doit se tenir dans les règles de l’art et se terminer par un verdict globalement accepté par l’opinion. Le Sénégal l’a déjà  vécu avec les affaires de la bourse du travail, du 16 févier 1994 et bien d’autres encore. Les rivalités entre les présidents Senghor et Mamadou Dia voire Lamine Guéye ou encore entre Abdou Diouf et Abdoulaye Wade étaient vives viriles mais jamais le débat politique n’a volé aussi bas dans un pays loué pour sa démocratie. l’affaire Karim Wade du nom du fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a entrainé le Sénégal dans le précipice des banalités, de l’invective et de la calomnie. Les leaders politiques se lancent des piques au bas de la ceinture et les médias s’en délectent en relayant des propos dont se seraient passés même les gueux. Un verdict pour l’histoire Les juges de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite ont le devoir de donner une leçon de clémence, de droiture et de sagesse au moment de l’énoncé de leur verdict. Que Karim Wade soit relaxé après avoir été suspecté d’avoir subtilisé 697 milliards serait un crime orchestré contre le président Sall. Que Karim Wade soit condamné à  une peine le privant de ses droits civiques synonyme d’inéligibilité serait le hold-up imparfait attendu par l’opinion. Les juges seuls peuvent sauver le Sénégal qui s’achemine vers deux années électorales durant lesquelles si la tension ne baisse pas, les adversaires de Macky Sall useront même du suicide politique pour gagner leur combat. Abdoulaye Wade avait presque réussi à  déjouer le piège d’un certain 23 juin. Avant lui, Abdou Diouf avait su séduire Wade pour l’inviter à  la table en 1988 et 1993. Aujourd’hui, Macky Sall président du Haut Conseil de la Magistrature doit stopper le car du crime. Il en a les moyens. Un billet de lever d’écrou pour l’ancien ministre de la justice Maitre Amadou Sall et le guide religieux Assane Mbacké assorti d’une peine d’apaisement à  Karim Wade serait le meilleur cadeau (en cette veille de célébration de la fête de l’indépendance du pays) à  offrir à  un peuple sénégalais fatigué par le renchérissement du coût de la vie. Comme il l’a lancé à  son prédécesseur « Me Wade peut tout dire mais il ne peut pas tout faire » alors le président Macky Sall aussi peut user de la puissance publique pour tout faire mais, il n’a pas le droit de tout se permettre. Ce 23 mars, il n’a pas vingt-trois décisions à  prendre, il n’en a qu’une : libérer son peuple d’un climat de peur que 256 partis politiques ne dépassant guère deux millions de militants imposent à  une population de plus de 13 millions de personnes.

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