Politique › Politique Nationale

Parti Sadi : L’hémorragie ?

Si certains voient un coup dur dans la démission de plusieurs militants de poids du parti de la Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), les responsables de la formation, eux, semblent s’en moquer. Créé en 1996, le parti SADI est l’initiative du Docteur Oumar Mariko, supporter zélé du coup d’Etat de mars 2012, et du cinéaste Cheick Oumar Sissoko, auteur du récent Rapt à  Bamako, et non moins ancien ministre de la culture (2002-2007). Bien implanté dans les communes rurales du Mali, le parti compte 5 députés à  l’Assemblée nationale, 254 conseillers communaux répartis sur tout le territoire, dont 15 maires. Ces derniers temps, la formation ne cesse de défrayer la chronique médiatique. Une dizaine de militants, et non des moindres, dont 9 à  Bamako et 2 à  l’intérieur du pays, viennent d’en claquer la porte. Pourquoi une telle saignée ? Le cas le plus récent est le départ le 18 avril de Zeinabou Traoré. Ancienne commissaire chargée des questions féminines (J-SADI) et membre du Comité central en Commune III du District de Bamako, elle explique ses raisons : « On peut ne pas rester dans un parti comme des bénis oui-oui. La triste réalité est qu’il n’y a qu’un seul penseur au parti SADI, et il règne comme un monarque », écrit-elle dans sa lettre de démission. Avant elle, Ibrahima Kébé, commissaire principal de la Direction nationale de la jeunesse du SADI et à‰tienne Fakaba Sissoko, jeune leader et économiste, ont plié bagages : «Le soutien à  IBK et à  son gouvernement libéral, la participation à  une majorité présidentielle qui enchaà®ne scandale sur scandale au détriment des populations qu’elle prétend défendre, aurait du nous amener à  nous démarquer de telles politiques et à  nous positionner du coté du peuple », justifie ce dernier. D’autres militants suivront leur démarche. Quant à  Cheick Oumar Sissoko, bien que toujours membre du parti, il a néanmoins pris du recul. De son côté, Oumar Mariko, connu comme un opposant de longue date, député élu à  Kolondieba et connu pour ses interventions musclées à  l’Assemblée nationale lors des séances d’interpellations du gouvernement, reste serein et ironise : « Il ne s’agit pas d’une hémorragie. Ces démissions ne mettent pas en danger la vie du parti, C’’est juste une déchirure qui fait tâche de beauté sur le parti ». Pour rassurer, Oumar Mariko indique que le SADI a enregistré du 1er décembre 2014 au 15 avril 2015, 2092 nouveaux adhérents. Pour Nouhoum Keita, chargé à  la communication, « le parti n’est ni le Coran ni la Bible qu’on ne peut modifier. C’’est une question de conviction politique ! »

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut