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Accord de paix : une opposition qui joue sur du velours

l’accord de paix doit être signé ce vendredi 15 mai par le gouvernement malien et les groupes armés, même si la présence de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) reste incertaine à  ce jour. Pourtant, cet accord est loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique malienne, avec une opposition qui n’a cessé d’exprimer ses réserves sur le document paraphé le 1er mars. Tiébilé Dramé, le Président du Parti pour la renaissance (Parena), a exprimé ses inquiétudes lors de sa dernière sortie médiatique le 11 mai sur RFI : « La mise en œuvre de cet accord sera extrêmement difficile, dans la mesure o๠de nombreuses dispositions sont interprétées par bien des Maliens comme contenant des germes de la division du pays.» Même son de cloche chez Soumaila Cissé, président de l’Union pour la république et la démocratie (URD) et chef de file de l’opposition : « si l’on signe un document comme ça sans condition, je crois que nous aurons des lendemains difficiles ». Même s’ils critiquent l’accord, et notamment les difficultés de sa mise en œuvre, les leaders de l’opposition ne vont toutefois pas jusqu’à  s’y opposer. Pourquoi ? Tout d’abord, « il est difficile pour eux de le faire compte tenu de l’implication et de tout le poids que la communauté internationale, Nations Unies, CEDEAO, Union européenne, Union africaine, France et Algérie, a mis dans ce processus », indique un diplomate de la place. Il y a plusieurs mois, certains d’entre eux ont d’ailleurs été « amicalement approchés », pour ne pas compliquer un processus déjà  assez chaotique. Seconde raison, l’opposition doit se différencier du pouvoir, mais « elle ne peut aller jusqu’à  se couper d’une opinion publique en majorité favorable à  l’Accord, car désireuse d’en finir avec une situation qui prévaut depuis 2012 et grève le développement économique et social », explique un responsable de la majorité. Enfin, l’opposition a t’elle un Plan B ? Pas si sûr, car aucune proposition véritablement différente ne se dégage des discours. Dans un document publié par Tiébilé Dramé, l’organisation de concertations nationales inter maliennes est préconisée, tout comme l’Accord, qui parle d’une Conférence nationale d’entente. Côté majorité présidentielle, les rangs demeurent serrés autour du gouvernement pour signer un accord, qui sonnera comme un nouveau départ pour la paix. « Il vaut mieux avoir un accord même imparfait, que pas d’accord du tout », a maintes fois répété Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères, conscient que l’agenda international échappe bel et bien aux considérations de l’opposition malienne. Reste à  savoir si Dramé et Cissé participeront à  la cérémonie du 15 mai, à  laquelle les chefs de partis ont été invités.

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