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Dix-huit mois d’un laborieux processus de paix

à€ peine installé, le président Ibrahim Boubacar Keà¯ta (IBK) frappait un grand coup en recevant à  Koulouba, le 17 septembre 2013, les représentants des groupes armés. Le message était clair : « tout est négociable, sauf l’indépendance et l’autonomie (…) tout, à  part la séparation de ce pays ! » Après la création d’un ministère dédié à  la réconciliation nationale, cette rencontre était un autre signal fort indiquant la priorité du mandat. Dans la foulée, le gouvernement d’Oumar Tatam Ly organisait en octobre 2013 les à‰tats généraux de la décentralisation, convaincu que les solutions à  la crise se trouvaient dans le rapprochement de l’à‰tat et du citoyen, puis les Assises nationales sur le Nord, censées être un véritable catharsis national pour repartir sur de nouvelles bases. Les autorités marquaient ainsi leur « volonté d’une réappropriation du processus de paix » jusqu’ici entre les mains du médiateur de la Cedeao, le Burkina Faso, se déliant ainsi des délais impartis par l’Accord de Ouagadougou du 18 juin 2013 qui prévoyait un accord sous 60 jours. La main tendue du pouvoir ira jusqu’à  faire élire d’anciens rebelles à  l’Assemblée nationale, sous la bannière du parti d’IBK, le Rassemblement pour le Mali (RPM), consacrant ainsi leur ancrage dans la République. Après le changement de gouvernement en avril 2014, le processus connaà®tra coup de fouet avec la nomination du Haut-représentant du Président de la République pour le dialogue inter malien, en la personne de Modibo Keà¯ta, dont les initiatives seront stoppées net par les graves événements de Kidal en mai. Au cours de la visite du Premier ministre Moussa Mara le 17, plusieurs civils furent assassinés par le MNLA et ses alliés, et Kidal entièrement occupée, suite à  la défaite de l’armée le 21. Pour relancer un processus au point mort, le pouvoir choisira de confier la médiation à  l’Algérie, appuyée par l’ensemble de la communauté internationale. Elle obtint un premier succès le 24 juillet 2014 avec la signature d’une feuille de route par l’ensemble des parties. Ce n’est que le 1er mars 2015, après plus de huit mois de discussions et moult conciliabules, qu’elle arrachera le paraphe de l’accord. Problème : seuls le gouvernement et les groupes loyalistes ont apposé leur paraphe, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) réclamant de nouvelles négociations et la prise en compte d’un « statut particulier pour l’Azawad. » Malgré la reprise de combats localisés, la médiation et le gouvernement ont décidé de maintenir la signature de l’accord à  Bamako le 15 mai… Tout en tentant de rallier un ou plusieurs des groupes composants la CMA.

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