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Le match Maiga – Toureh

eux hommes que tout ou presque oppose se sont distingués lors de l’événement du 20 juin. D’un côté, Mahamadou Djeri Maiga, la quarantaine, enseignant et vice président du MNLA, dont l’arrogance avait fini par exaspérer tout un peuple, lors de ses interventions télévisées au plus fort de la crise. De l’autre côté, maà®tre Arouna Toureh, avocat inscrit au barreau de Bamako, est le visage politiquement correct de la plateforme, composée des groupes loyalistes. Le premier, qui n’est pour certains qu’un « simple faire-valoir », a pris la parole au nom de la CMA, d’une voix monocorde, pour justifier la guerre déclenchée en 2012 par le mal-vivre des populations du nord, et a esquissé un pardon, sans renoncer à  l’Azawad. Le second, plus lyrique, lui a répondu avoir pris les armes pour « provoquer la paix et préparer le pardon et la réconciliation ». Décrit comme ambitieux et pressé d’entrer au gouvernement, l’avocat du putschiste Sanogo a envoyé des messages forts à  ses « frères » de la CMA, leur rappelant opportunément les récentes défaites infligées, et à  la communauté internationale, lui demandant d’observer son devoir d’équité. Ces deux hommes, dont les personnalités et les options politiques divergent, sont aujourd’hui unis par le devoir de faire la paix. Un point commun les rapproche : ils sont originaires de la communauté songhaà¯, la plus importante du nord, qui est à  son écrasante majorité ancrée dans le Mali républicain, car loin d’y être marginalisée. A travers ce duel entre cousins Maiga et Touréh, ce sont deux camps, deux visions de la paix et de l’avenir du nord du Mali qui s’opposent. l’issue du match se jouera au moment de la mise en œuvre de l’accord.

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