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Sous-région sous tension

Au pays des hommes intègres, l’élection sera la plus ouverte de toute l’histoire nationale, avec pour enjeux de tourner la page de 27 ans de pouvoir Compaoré, ce dernier ayant été chassé en octobre 2014, et de clore ainsi le chapitre d’une transition sans accroc majeur. Chez nos voisins guinéens, la situation est plus tendue. Après les ravages de l’épidémie Ebola, qui semble aujourd’hui maà®trisée, les puissants clivages ethniques qui traversent la société et la classe politique guinéennes font craindre une rechute dans le cycle de la violence. Le sortant Alpha contre l’opposant principal Dallein, ou Malinké vs Peul, C’’est le duel qui s’annonce, comme un remake de l’élection de 2010. En Côte d’Ivoire, même si le spectre de la crise post-électorale ayant précédé l’installation au pouvoir d’Alassane Ouattara en avril 2011 plane toujours, sa réélection le mois prochain apparaà®t comme plus qu’à  portée de main. Au sein de l’opposition, en l’absence de Laurent Gbagbo, détenu à  La Haye en attente de son jugement et qui vient de se voir refuser la liberté provisoire, ne figurent que des poids moyens, voire légers, qui manquent d’arguments face au bilan positif du sortant. Quoi qu’il en soit, ces trois scrutins vont mettre à  l’épreuve le sens de la responsabilité des politiques et de la société civile, qui devront à  tout prix éviter la résurgence de nouvelles crises dans une sous-région déjà  déstabilisée par la montée en puissance du terrorisme, et la relative faiblesse des à‰tats. En conclave à  Dakar le 11 septembre, la CEDEAO semble avoir pris la mesure du risque systémique.

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