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Carton rouge

Le dénouement n’est pas encore connu au moment o๠nous écrivons ces lignes, mais il est clair que la crise survenue au Burkina Faso après le coup d’à‰tat perpétré le 16 septembre par les hommes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), aura été lourde d’enseignements. Bien qu’ayant très tôt condamné le coup d’à‰tat, la CEDEAO est apparue en décalage par rapport aux aspirations profondes des peuples africains qu’elle est censée défendre. l’immense majorité des Burkinabés a vécu comme un viol ce coup d’arrêt au processus démocratique. Raison pour laquelle politiques et société civile confondus ont exigé un retour des autorités de la transition et le maintien des élections selon le schéma prédéfini, sans amnistie pour les putschistes. Pourtant, les images du président sénégalais, Macky Sall, accueilli au pied de l’avion par le Général Gilbert Djendéré, dont le costume apparaissait bien trop large, ont donné l’impression d’une reconnaissance de facto d’un pouvoir usurpé. Rappelons que ce même Macky Sall approuvait en 2014 une candidature de Blaise Compaoré à  l’élection présidentielle, sous prétexte qu’il représentait un pôle de stabilité au Sahel. Un an après, le communiqué détaché des autorités ivoiriennes et la rédaction d’un projet d’accord très critiqué, ont donné le ton : « la CEDEAO ne serait qu’un syndicat de chefs d’à‰tat protégeant des intérêts réciproques ». Et pour cause, ce n’est qu’après l’entrée en scène de l’armée loyaliste le lundi 21 septembre, qui a entraà®né l’inversion du rapport de force au détriment de Djendéré et ses hommes, que les chefs d’à‰tat de la sous-région ont haussé le ton, exigeant par la voix d’Idriss Déby et de Mahamadou Issoufou le départ pur et simple de la junte. Moralité : les peuples n’ont pas de voix, seules les armes parlent.

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