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Culture, arme de guerre

En 1994, le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keà¯ta inaugurait les Rencontres de Bamako, devenues depuis la Biennale africaine de la photographie, première et principale plateforme internationale dédiée à  la photographie et à  la vidéo africaine sur le continent, qui a fait de la capitale malienne le hub africain du 8ème art. Vingt ans plus tard, après 4 ans d’absence, des centaines de festivaliers, artistes, journalistes, ou simples amoureux de la photographie, se retrouvent sur les rives du Djoliba pour découvrir des œuvres exposées au Musée national, ainsi qu’en d’autres endroits de la ville. Le thème de cette 10ème édition, « Telling Time », indique que le projet artistique s’articule autour de la narration du Temps. Une thématique qui colle bien avec le Mali d’aujourd’hui, en sortie de crise, et d’une certaine manière, « à  la recherche du temps perdu ». Ce temps perdu est symbolisé par l’époque, pas si lointaine, o๠notre pays, havre de paix et de sa stabilité en Afrique, était montré en exemple pour le dynamisme de sa société civile, le sens de la responsabilité de sa classe politique, et le vivre ensemble de ses différentes communautés. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais la Biennale 2015 marque le retour du Mali sur le devant de la scène culturelle africaine et mondiale. Ce retour, l’à‰tat doit l’amplifier et l’accompagner, notamment à  travers la promotion et l’appui à  cette flopée de jeunes acteurs culturels qui rêvent de prendre la relève des maà®tres Seydou Keà¯ta et Malick Sidibé. Il le faut, car la culture est une arme pour défendre l’identité d’un pays, lutter contre les préjugés, obtenir le respect de ses pairs, et attirer touristes et investisseurs. Mieux, elle peut faciliter la réconciliation et ressouder le tissu social. N’oublions pas de nous en servir.

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