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Quotas féminins : douche froide dans les milieux politique et religieux

Les débats auront duré plusieurs heures, avec des suspensions permettant d’accorder les violons des différents groupes parlementaires, pour enfin aboutir à  un vote large : 115 voix pour, 22 contre et 3 abstentions. l’adoption de cette loi a été accueillie avec joie dans le milieu des organisations féminines qui ont cependant le triomphe très modeste. Aucune célébration, ni manifestation officielle de satisfaction. Il est vrai que cette loi ne fait pas le bonheur de tous. La première des craintes de celles qui voient ainsi un combat de plusieurs années porter ses fruits, C’’est la réaction des leaders religieux. Ces derniers, qui avaient fait capoter, on s’en souvient, la loi sur le Code des personnes et de la famille en 2011, pourraient cette fois encore hausser le ton face à  ce qu’ils considèrent comme « un nouvel ordre contre-nature ». « C’’est une victoire pour nous les femmes, mais l’application nous inquiète car nous sommes dans un pays o๠les leaders religieux sont plus écoutés que l’autorité politique », explique une femme leader, sous couvert de l’anonymat. C’’est dire combien le sujet reste sensible. l’adoption de cette loi constitue une victoire personnelle pour le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéà¯ta (IBK), monté au créneau à  plusieurs reprises pour fustiger la faible représentativité des femmes dans les instances dirigeantes. Lors de la plénière de jeudi dernier, la durée des débats et certaines prises de position prouvent que les députés n’étaient pas tous prêts à  franchir le Rubicon. Exceptionnellement, ils ont voté à  bulletin secret. « Nous ne pouvons pas nous afficher pour ne pas être dans le viseur des leaders religieux », déclarait l’un d’entre eux. Mais au sein même des élus, la loi a reçu un accueil plutôt froid. « Nous sommes d’accord avec la promotion des femmes, mais ce qui nous gêne, C’’est le caractère uniforme de cette loi, car les réalités diffèrent d’une zone à  une autre. Il est difficile en l’état d’appliquer cette loi », a martelé Mody N’Diaye, 3ème vice-président de l’Assemblée nationale, lors de l’émission débat de génération diffusée le 14 novembre, justifiant ainsi le vote contre de l’opposition. Du côté des religieux, C’’est le branle-bas de combat. Déjà , certains imans dans leurs prêches du vendredi ont donné le ton en s’attaquant aux députés et en leur adressant des mises en garde. Faut-il craindre des marches de protestations comme lors de l’épisode du Code de la famille ? Y a-t-il un risque voir IBK faire marche arrière ? Des concertations vont-elles avoir lieu pour convaincre les contestataires ? Pour l’instant, rien ne permet d’augurer de la suite réservée à  l’application de cette loi.

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