Économie › Agriculture & Élevage

Noix de cajou : vers un « label Mali »

« Sumu kolo » ou noix de cajou, C’’est le produit le plus connu d’un fruit aux usages variés. La pulpe, cinq fois plus riche en vitamine C qu’une orange, sert pour les jus, l’amande est riche en oligoéléments, et la coque de l’amande dont on tire le « baume », est utilisée dans la composition du fuel pour les appareils aéronautiques. C’’est dire si la production de l’anacardier, lui-même puits de carbone, peut apporter à  l’économie d’un pays. Contrairement à  la Côte d’Ivoire, qui l’a compris rapidement et a investi dans la filière pour en faire la plus performante d’Afrique et la deuxième au monde, le Mali n’a que très récemment montré de l’intérêt pour le fameux fruit rouge ou jaune. « Ce sont les Burkinabé et les Ivoiriens qui venaient ici acheter les noix aux producteurs », raconte Sidi Ali El Moctar, directeur général de Mali Agrotrans, l’un des rares industriels du secteur. Dans son unité sise à  Yirimadio en périphérie de Bamako, il transforme environ 1 000 tonnes par an, soit à  peine 2% de la production nationale estimée à  55 000 tonnes en 2015, quand la Côte d’Ivoire en produit 650 000. Le manque de formation des producteurs pour fournir des noix exportables, la quasi inexistence d’infrastructures de mise en valeur et le peu d’intérêt des autorités, sont autant de facteurs qui ont maintenu jusqu’à  lors la filière, qui compte quelques 47 000 producteurs, dans une certaine marginalité. Mais depuis cinq ans, la tendance semble s’inverser. La coordinatrice de la filière anacarde au niveau national se veut plus qu’optimiste. Pour Madame Kongo Baba, les efforts en cours avec les partenaires vont permettre de rendre la filière compétitive. « Nous avons mis en place une unité de transformation à  Kolondiéba, qui commencera son activité cette année. Notre plus gros chantier, C’’est la professionnalisation de la filière », explique-t-elle. Les producteurs des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso (plus grande zone de production) se sont mieux organisés et reçoivent formations et informations afin d’améliorer la qualité du traitement des noix et parvenir à  la mise en place d’un « label Mali ». « Nous appelons cette certification de nos vœux, car elle nous permettra de valoriser nos produits », assure El Moctar qui entreprend un projet d’usine pouvant transformer jusqu’à  5 000 tonnes par an. Tous les acteurs se retrouveront d’ailleurs à  Bougouni, du 14 au 16 mars prochain, pour les journées de l’anacarde. Au terme de ce rendez-vous annuel qui marque le coup d’envoi de la campagne, « le prix de la noix sera fixé », explique la coordinatrice. Elle se réjouit du fait que les efforts en cours portent leurs fruits : le prix payé au producteur malien est passé de 15 francs CFA il y a cinq ans à  250 francs CFA le kilo en 2015.

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