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Mamadou G. Coulibaly : « Nous payons à l’État des centaines de millions par an »

Journal Du Mali : Le secteur de l’immobilier est-il porteur ? Mamadou G. Coulibaly : Le secteur de l’immobilier au Mali est convalescent car, comme tous les secteurs de l’économie, l’immobilier a subi les impacts de la crise de 2012. Cependant, les perspectives sont bonnes et encourageantes grâce au partenariat public-privé que les promoteurs du secteur sont en train de mettre en place avec l’à‰tat. Quelles sont les difficultés du secteur ? Il faut rappeler que la loi qui régit le secteur de l’immobilier date de 1997. La profession est donc jeune. Nous rencontrons des difficultés structurelles causées par le faible revenu des Maliens. Ne pouvant presque pas bénéficier de prêts bancaires, nombreux sont ceux qui construisent eux-mêmes leur maison. Une autre difficulté est liée aux taux bancaires qui sont très élevés et les durées de remboursement très courtes. Le secteur de l’immobilier souffre également du comportement irresponsable de quelques élus locaux qui ne respectent pas les règles foncières. Mais nous avons aussi plusieurs avantages comme, par exemple, le coût de cession abordable du foncier par l’à‰tat aux promoteurs. Des réductions d’impôts et des exonérations douanières sont autant d’avantages du secteur. Quels sont les futurs projets de la SIFMA ? Nos perspectives dans les années à  venir se projettent sur 2030 et concernent la ville de Bamako. Nous avons actuellement en conception quatre grands pôles de développement urbain, dont le plus avancé est celui de Bamako Ouest, dénommé Rokia Ville, qui a mobilisé environ 40 milliards d’investissement. SIFMA a également quatre filiales au Togo, au Congo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, o๠nous avons obtenu en 2015 un marché de 3 400 logements pour un montant d’environ 60 milliards de francs CFA. Combien la SIFMA injecte-t-elle par an dans les caisses de l’à‰tat ? Par exemple, la semaine dernière nous avons payés à  l’à‰tat 250 millions pour les droits d’enregistrement, de conservations foncières et les honoraires du notaire, uniquement pour un projet des 1 000 logements. Je n’ai pas les statistiques exactes mais une chose est certaine, ce sont des centaines de millions que nous versons dans les caisses de l’à‰tat chaque année. Un mot sur la controverse des logements sociaux ? Je ne suis pas au courant d’une quelconque controverse. Ce qui est sûr, C’’est que les attributions seront toujours critiquées car la demande est supérieure à  l’offre. Cependant, on a tout intérêt à  vérifier les jugements sur l’honneur des postulants. Ainsi, nous pourrons satisfaire un plus grand nombre de nécessiteux.

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