Idées › Idées

L’histoire se répète

Sans surprise, la Côte d’Ivoire a été frappée. Et comme lorsque ce fut le cas du Burkina Faso en janvier, les regards se tournent vers le voisin malien, dont une grande partie du territoire était occupée en 2012 par les djihadistes. Il y a quelques semaines, le Niger, par la bouche de son ministre de l’Intérieur, ne pointait-il pas un doigt accusateur vers le Mali ? Pour lui, l’absence de l’armée dans certaines zones et la porosité des frontières « favoriserait le terrorisme dans les pays voisins ». à€ mots couverts, les autorités maliennes sont donc accusées d’immobilisme dans la résolution de la crise du nord, chose qui faciliterait la résurrection des groupes djihadistes fortement affaiblis en 2013 par l’opération Serval, voire la création de nouveaux, comme le Mouvement de libération du Macina d’Amadou Kouffa, présent jusqu’à  proximité de la frontière ivoirienne. Alors que beaucoup s’attendent à  voir le Sénégal à  son tour attaqué, le Mali est une nouvelle fois perçu comme le « maillon faible ». l’histoire se répète car C’’est déjà  de ce qualificatif qu’usaient certains observateurs pour décrier, vers la fin des années 2000, la gestion sécuritaire du président Amadou Toumani Touré. La suite de l’histoire est connue… Pourtant, ce jugement est injuste par rapport à  la situation du moment. Le sanctuaire africain du djihadisme n’est plus le Mali, il s’est transposé en Libye, o๠AQMI et l’à‰tat islamique recrutent et entraà®nent des hommes, et s’approvisionnent en armes pour frapper, de la Tunisie à  la Côte d’Ivoire. Au lieu d’accuser le voisin, il vaut donc mieux mettre en place cette coopération régionale tant évoquée, et tenter de peser sur le destin libyen.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut