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25 années de démocratie: le parcours du combattant

Le samedi prochain marquera les 25 années de démocratie et de multipartisme intégral dans notre pays. Ces années ont été marquées par des actes concrets mais aussi des incertitudes. Ce 25ème anniversaire offre donc l’occasion de jeter un coup d’œil serein sur le processus démocratique du pays. Il y a 25 ans, le 26 mars 1991, le Mali tournait une page de son histoire. Le peuple malien, toutes couches sociales confondues, dans un élan irrésistible arrachait dans le sang et les larmes l’instauration du multipartisme et posait les jalons d’un Etat de droit. 25 ans, après que reste-t-il des idéaux du 26 mars ? La misère des larges couches populaires s’accentue en contradiction le plus souvent avec les discours tapageurs déclarant les voyants économiques au vert. Pour le peuple, la célébration du 26 mars ne constitue pas seulement un souvenir historique. Elle est et reste une source d’inspiration inépuisable pour un Mali politique pluriel, socialement uni, économiquement prospère. Ce brave peuple de Kayes à  Kidal rendra hommage aux martyrs et s’inclinera devant la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour que soit un Mali démocratique prospère. Aujourd’hui pour la mémoire de ces martyrs qui ont versé leur sang pour que soit géré autrement, il est nécessaire de s’arrêter et jeter un regard sur ce qui a été fait en 25 ans. Moussa Traoré avait refusé le multipartisme, aujourd’hui C’’est une réalité, on dénombre plus de 160 partis politiques sur l’échiquier national. Malgré tout, les systèmes politiques de la IIIème République ont du mal à  s’adapter aux réalités socio-politico-économiques du pays. Tout le monde s’accorde à  dire que le changement tant attendu tarde à  venir. Le comportement de certains partis politiques relatif aux différentes crises notamment à  celle du nord dénote de l’amateurisme des leaders d’opinion face aux grands problèmes d’intérêt national. Pour des petits calculs électoraux, on préfère se taire et opter pour la neutralité. Et quand on décide de monter au créneau, C’’est tout juste pour glisser un bâton dans les roues du parti au pouvoir. Voilà  pourquoi et C’’est dommage, nos partis politiques dont la plupart ne vivent que par la grâce d’un récépissé ont été créés. Cela étant dit, la démocratie multipartite, comme l’on s’accorde bien à  dire, après un soutien médiatique exceptionnel dès son avènement n’a pas comblé les espoirs attendus. La vie démocratique fait figure d’une morosité faute d’une participation active selon les règles du jeu démocratique par ces mêmes démocrates. La batterie d’actions adoptées par certains partis politiques aux premières heures de gestion démocratique et qui avait suscité une relative euphorie s’est vite estompée. Le plus grand hommage que l’on pourrait aux martyrs, au-delà  des discours, C’’est d’accomplir l’idéal pour lequel ils sont tombés. Aujourd’hui plus que jamais, il est vraiment temps que les militants convaincus du mouvement démocratique, ceux-là  qui à  leurs risques et périls ont œuvrés à  l’instauration de la démocratie d’entreprendre ensemble résolument et rapidement au nom de l’honneur, la vérité, la dignité, la justice, le patriotisme et le repos des martyrs, les transformations qualitatives tant attendues. Amadou Coulibaly

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