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Minusma business, qui en profite ?

Séminaire d’affaire organisée par la section Procurement de la MINUSMA à l’intention des fournisseurs et des prestataires de service

De l’avis général, la présence de la mission onusienne et de ses milliers d’agents ont eu un impact sur l’économie malienne. Si dans l’immobilier on se frotte les mains et que des immeubles « standard international » sortent de terre chaque jour, tous les opérateurs économiques ne tirent pourtant pas leur épingle du jeu. En effet, en ce qui concerne l’agro-alimen-
taire, en dehors de quelques produits dont l’eau, l’essentiel des besoins de la mission onusienne est assuré par des entreprises étrangères. « Il faut montrer patte blanche », affirme un opérateur pour qui les critères ne sont pas seulement liés à la qualité des produits proposés. « J’ai cessé de les contacter »,  explique Mamadou Traoré, directeur de Laham industrie, qui emploie une centaine de personnes et est spécialisée dans l’abattage pour la production et la commercialisation de viande. « L’attitude de la MINUSMA est incompréhensible : malgré le fait que la viande produite dans nos installations respecte toutes les normes de bonnes pratiques alimentaires, elle importe de la viande à partir des pays voisins.

Nous avons contacté le service en charge, et sa réponse a été que l’affaire est complexe, sans d’autres explications ». « Le quartier ACI est inondé par les gens de la MINUSMA et nous, en tant qu’agence immobilière, on n’a aucun contrat avec eux. On ne sait pas par qui ils passent pour louer les maisons », regrette Sohoye Touré, responsable commerciale chez l’agence immobilière Le Prestige. Pour devenir fournisseur de la MINUSMA, des formations sont proposées aux opérateurs économiques. Si elles espèrent profiter de la « manne MINUSMA », les entreprises maliennes doivent se restructurer, estime un autre  opérateur qui lui a des contrats avec la mission. Le manque d’organisation, c’est également l’argument du directeur général de Z Travel, une agence de voyage et de location de véhicule. « Je suis à mon 3ème contrat avec la MINUSMA. C’est aux entreprises maliennes de s’organiser davantage pour pouvoir répondre aux critères et standards internationaux afin de bénéficier de ce business ». Avant d’ajouter, avec résignation, que « les autorités maliennes ne peuvent pas faire grand chose pour changer la donne en faveur des entreprises maliennes ». La mission avait pourtant, dans un passé récent, organisé des formations à l’intention des opérateurs économiques pour les familiariser à ses exigences et procédures.

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