Personnalités › Interview

3 questions à Boubou Cissé, ministre de l’Économie et des finances

Boubou Cissé, ministre de l'Economie et des finances

Journal du Mali: Le secteur bancaire est un acteur important de l’économie. Comment se passent les relations avec votre département?

Boubou Cissé:Comme vous venez de le dire, le système bancaire est « un acteur important de l’économie », c’est même un acteur majeur de notre économie. Les relations avec mon Département son très fluides, les banques participent activement aux opérations d’émissions de titres publics et assurent leur succès. Ces opérations contribuent à alléger la dette intérieure en désengageant l’Etat auprès des fournisseurs locaux qui sont des clients des banques. Ces fournisseurs en remboursant leurs encours contribuent à l’amélioration de la qualité du portefeuille du système bancaire. En outre, ces opérations d’émissions de titres publics contribuent au financement des infrastructures dont l’économie nationale a besoin pour amorcer son plein décollage. Nous sommes donc dans un partenariat gagnant-gagnant. Vous me donnez l’occasion de remercier encore une fois les dirigeants de ces institutions qui ont toujours répondu positivement chaque fois que l’Etat les a sollicités.

Le taux de bancarisation reste assez faible, malgré que l’offre se densifie chaque année. Existent-il des mesures incitatives ou quelques autres dispositions pour booster l’accès des Maliens aux services bancaires?

Vous avez raison de dire que le taux de bancarisation reste assez faible malgré la densification de l’offre. En effet, ce taux au sens strict tourne autour des 12%. Pour le booster et faciliter l’accès des maliens aux services bancaires, un certain nombre de mesures ou dispositions ont été prises dont les principales se résument comme suit :
· le droit au compte pour toutes les personnes justifiant d’un revenu régulier d’au moins 50 000 FCFA ;
· l’élargissement du réseau bancaire à travers l’ouverture des guichets à Bamako et dans les régions de l’intérieur ;
· la surpression ou la réduction de certaines taxes sur l’importation de Guichets Automatiques de Banque (GAB), de Distributeurs Automatiques de Banques (DAB), etc ;
· le paiement des bourses et aides scolaires par carte bancaire ;
· la suppression des frais de tenue de compte en faveur de la clientèle ;
· la suppression des frais d’ouverture et de clôture de compte.
Je ne saurais clore ce chapitre sans parler de la monnaie électronique qui a contribué, de manière significative, au relèvement du taux d’accès des populations aux services financiers. En effet, avec plus de 5 millions de clients, l’utilisation de la monnaie électronique a porté ce taux d’accès à prés de 50%.

Qu’en est-il du financement du secteur privé? Les banques maliennes jouent-elles leur rôle?

Avec plus de 1 673 milliards de FCFA de crédits consentis en février 2016, les banques jouent leur partition dans le financement de l’économie en général et en particulier celui du secteur privé. Ce montant est certes insuffisant pour couvrir l’ensemble des besoins de financement mais il traduit l’effort du système bancaire dans le financement de notre économie. Toutefois, avec des produits innovants et bien structurés, les banques pourraient davantage améliorer le ratio crédits à l’économie sur le PIB (Produit Intérieur Brut) qui demeure pour notre zone un ratio relativement faible comparé à certains pays notamment ceux du Maghreb (Maroc).

L’Etat vient de faire pour la première fois appel aux marchés financiers pour des investissements d’envergure, à travers l’emprunt obligataire. Où en est cette opération, a-t-elle du succès auprès des banques maliennes?

Cette opération a été un franc succès. En effet, la période de souscription était prévue du 26 avril au 16 mai 2016. Une semaine à peine après le lancement, le montant demandé a été largement dépassé. Ainsi, en raison de l’engouement suscité par l’emprunt en relation avec la confiance en la signature de l’Etat du Mali, nous avons décidé de procéder prématurément à sa clôture, les investisseurs ayant largement souscrit au-delà du montant demandé, soit 119,9 milliards de FCFA contre 65 milliards prévus. Sur le montant définitif retenu, à savoir 100 milliards de FCFA, les banques maliennes ont contribué à hauteur de 51,1 milliards.

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut