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Majorité présidentielle : la débandade ?

Au sein même de la majorité, certains se positionnent pour les prochaines échéances, et peu osent monter au front pour défendre un pouvoir de plus en plus attaqué.

Plus le temps passe, plus les voix discordantes se font entendre. Au sein même de la majorité, certains se positionnent pour les prochaines échéances, et peu osent monter au front pour défendre un pouvoir de plus en plus attaqué.

Née en septembre 2014, la Convention de la majorité présidentielle (CMP) est un regroupement de partis politiques liés par leur engagement à soutenir le programme politique du Président Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK). Près de deux ans après ce ralliement, le moins que l’on puisse dire est que tous ne soufflent plus dans la même trompette. IBK lui-même a, à plusieurs reprises, reproché à son « clan » de ne pas montrer un visage uni et déterminé, et jugé « catastrophique » le bilan de Boulkassoum Haidara, président de la CMP. À quelques mois des élections communales qui devraient se tenir avant la fin de l’année, et 2018 qui n’est plus si loin, les choses ne vont pas vraiment dans le sens, par lui escompté. Tandis que certains quittent l’opposition pour venir renforcer les rangs de la Convention, d’autres, parleurs déclarations mettent à mal l’unité souhaitée. Pis, lorsque l’opposition publie des mémorandums au vitriol sur la gouvernance actuelle, rares sont ceux qui osent défendre IBK et son gouvernement.

Par ailleurs, a perspective des échéances à venir pousse certains à sortir du bois. Le docteur Oumar Mariko, président de Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), membre de la majorité présidentielle bien que non signataire de la convention de la majorité, ne rate aucune occasion pour dire tout le bien qu’il pense des maux du pouvoir, et vient officiellement de se mettre sur la ligne de départ pour 2018, en se présentant comme « une alternative». Autre membre de la mouvance présidentielle à se positionner contre le « candidat naturel » qu’est le chef de l’État, l’ancien Premier ministre Moussa Mara, qui semble déjà en campagne à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Si l’ADEMA de Tiémoko Sangaré a de nouveau réaffirmé fin mai qu’il ne quittera pas la majorité, nombreux sont les observateurs qui pensent que le parti prendra son indépendance le moment venu pour être représenté dans la bataille.

La majorité présidentielle, confrontée aux aléas de ses incompatibilités, est-elle fragilisée ? Peut-être, affirme un observateur qui pense plutôt que les « voix discordantes » sont un leurre « pendant qu’ils travaillent et se préparent pour les prochains combats ». Non, répond-on du côté du RPM (parti au pouvoir), ou l’on est certain que le projet de Président IBK fédère toujours la majorité de la classe politique. S’il avait lieu, le ralliement du Parti pour le développement économique et social (PDES), les amis d’ATT, annoncé ces derniers jours serait un coup d’éclat pour une majorité en quête de nouveau souffle.

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