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Yamadou Tankara : « Les déchets, c’est mon métier »

Yamadou Tankara tente au quotidien de débarrasser la capitale de ses déchets.

Bamako, dont la population dépasse les 3 millions d’habitants, produit chaque année des milliers de mètres cubes de déchets ménagers. Immersion dans le quotidien de l’une de ces petites entreprises informelles, qui tentent de débarrasser la capitale de ses déchets.

Il est 4h du matin quand la carriole de Yamadou Tankara se met en branle, tirée par deux ânes poussifs. Pendant les 7 prochaines heures, dans le lent circuit qui la mènera à travers l’ACI 2000 et le quartier de Djenekabougou, elle charriera les ordures d’environ 160 foyers. Six jours par semaine, la saleté et les odeurs pestilentielles sont le quotidien et le gagne-pain de Yamadou. « Quand on est peu instruit, il faut savoir prendre son courage à deux mains pour faire ce genre de travail. C’est mon métier depuis 7 ans », déclare-t-il. Moyennant 2 000 francs CFA par mois, il ramasse les déchets d’environ 160 foyers. À 23 ans, il a épargné de quoi s’acheter une seconde carriole, deux ânes, et a pu embaucher un employé, qui collecte pour lui à Baco Djicoroni. « Celui qui travaille correctement peut gagner 100 000 francs FCFA par mois, et parfois au-delà. Je trie aussi les ordures et si je trouve de l’aluminium, je peux en tirer entre 300 et 500 francs à la revente », confie-t-il. Il a bien eu l’intention de se structurer en Groupement d’intérêt économique (GIE), mais les frais étaient trop élevés pour lui.

Concurrence déloyale ? Même s’il convient que Bamako est très sale et qu’il faudrait plus de personnes pour la rendre plus propre, l’arrivée d’Ozone Mali sur le marché du ramassage des déchets, n’est selon lui pas « La » solution. « Le but était de ramasser les ordures dans les endroits de pré-collecte où nous les déversons, mais Ozone n’a pas été capable de le faire, pareil pour les caniveaux à ciel ouvert, ils ont été incapables de les vider », s’insurge-t-il. Il estime qu’il existe une sorte de concurrence déloyale entre cette société et les ramasseurs comme lui, dont les moyens sont dérisoires. La chaleur est déjà bien installée quand les roues de la carriole franchissent le portail de la grande décharge de Lafiabougou. Son point de destination finale atteint, Yamadou se confie : « je fais ce métier parce qu’il me plaît et je le fais avec amour, car je sais que mon travail est utile pour ma ville ».

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