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Violences sexuelles liées au conflit : 600 cas recensés au Mali

Le 19 juin 2019, première édition de la journée mondiale des Nations Unies pour l’élimination des violences sexuelles en période de conflit

Les auteurs de ces actes sont essentiellement des groupes armés et des djihadistes (AQMI, MUJAO, Ansardine), surtout pendant l’occupation des régions du nord. Mais également des forces de la MINUSMA ou quatre cas de viols ont été confirmés, entrainant le rapatriement des auteurs dans leurs pays d’origine.

Le 19 juin marquera la première édition de la journée mondiale des Nations Unies pour l’élimination des violences sexuelles en période de conflit. Invitée à la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSMA, la conseillère principale pour la protection des femmes, Mme Bernadette SENE, a profité de l’occasion pour faire le point sur la question des violences sexuelles liées au conflit. « La violence couvre les actes allant du harcèlement verbal à la pénétration forcée, ainsi que des formes de contrainte très variées allant de la pression et de l’intimidation sociale jusqu’à la force physique », a-t-elle expliqué.

Le conflit armé qui a touché le Mali dans sa partie septentrional en 2012 a amené une crise politique, institutionnelle et sécuritaire, qui a profondément déstabilisé le pays. Cette situation a engendré une crise humanitaire et affaibli les capacités de réponse de l’État dans lesdites régions. Comme le démontrent plusieurs rapports depuis l’occupation du Nord, des femmes et des filles ont été victimes de plusieurs formes de violences sexuelles, comprenant le viol, parfois collectif, l’esclavage sexuel et le mariage forcé. Sur le nombre total de viols signalés en 2013, 25% ont été perpétrés sur des mineurs et, pour plus d’un tiers, par plusieurs individus. Pour plusieurs raisons, les violences sexuelles demeurent un sujet tabou dans notre pays.

En effet, la stigmatisation, le rejet des victimes par la société et même par leur propre communauté et famille ainsi que l’absence de lois spécifiques sur les violences basées sur le genre contribuent à l’impunité des auteurs. Pour circonscrire cet état de fait, le 8 juin dernier, le bureau de la conseillère principale pour la protection des femmes a participé à la réunion mensuelle de l’association Accès à la Justice et Etat de droit (AJED) présidée par la division des droits de l’homme de la MINUSMA. Cette réunion a été l’occasion de faire l’état d’avancement des dossiers des 80 victimes de violences sexuelles déposées dans la commune III du District depuis novembre 2014. À la date d’aujourd’hui, 37 victimes ont été entendues. La MINUSMA, à travers son mandat donné par le conseil de sécurité de l’ONU dans les résolutions 2100 et 2227, s’engage dans lutte contre les violences sexuelles liées au conflit.

Il a été constaté que beaucoup d’auteurs qui avaient été arrêtés pour violences sexuelles ont été libérés dans le cadre de négociation pour obtenir l’Accord de paix. Ce qui accentue, selon elle, la peur des victimes. « Dans cette lutte contre l’impunité, le gouvernement malien se doit de jouer un rôle régalien, en veillant à ce que les questions liées aux violences sexuelles soient incluses et fasse l’objet d’un suivi dans la mise en œuvre de l’accord de paix » a-t-elle indiqué.

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