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JO de Rio 2016, des défis sportifs et surtout sécuritaires

Le JO de Rio 2016, une célébration du sport mais aussi un défi sécuritaire de taille pour le Brésil

Du 5 au 21 août se tiendront les jeux olympiques de Rio 2016. Cet évènement sportif mondial aura lieu dans un contexte sécuritaire international particulier dû aux attaques de groupes terroristes transnationaux comme l’ État Islamique. Sur Place, un dispositif sécuritaire impressionnant devrait normalement garantir un bon déroulement des jeux.

Les jeux olympiques de Rio 2016 qui s’ouvriront ce vendredi 5 août et qui s’achèveront le 21 août prochain, verront affluer au Brésil environ 1 demi-million de visiteurs en provenance du monde entier. Le pays qui sera à l’occasion de ces jeux sous le feu des projecteurs internationaux, devra gérer un défi sécuritaire de taille pour assurer le bon déroulement et la sécurité des 10 500 athlètes, des personnalités et touristes, qui durant les 15 jours viendront célébrer les olympiades.

Ces défis, que sont les risques d’attentats terroristes, la criminalité et la violence de rue, en augmentation ces derniers temps dans le pays et notamment dans l’État de Rio, font l’objet d’une préoccupation particulière des autorités qui tentent de tout mettre en œuvre pour que le déroulement de ces jeux ne connaissent pas d’accroc majeur.

Un dispositif sécuritaire inédit

Pour faire face aux potentielles menaces, 65 000 policiers et 20 000 soldats seront mobilisés pour assurer la sécurité et les contrôles. En comparaison, cette mobilisation des forces de sécurité représente le double des effectifs des jeux olympiques de Londres en 2012. 3200 réservistes pourront être, si la situation l’exige, mobilisés à tout moment.

De nombreux exercices de simulation d’attaque en milieu urbain, ont préparé les forces à faire face à divers scénarios.  Les sites olympiques seront contrôlés par la Garde nationale, appuyés par des groupes tactiques pour des interventions rapides et efficaces en cas de débordements. La sécurité sera particulièrement renforcée autour du stade de Maracana, qui accueillera les finales de football et les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux, ainsi que des stades situés non loin des quartiers défavorisés, les favelas.

Dans ce pays auparavant peu inquiété par la menace terroriste, le contexte sécuritaire international et les récentes attaques survenues en Europe, notamment à Nice, ont poussé les autorités à renforcer leur dispositif. Des agents des services brésiliens ont effectué des séjours techniques à l’étranger et le pays accueillera sur son sol, une centaine de membre des services de renseignements étrangers, pour mutualiser les pratiques et détecter l’infiltration éventuelle de « loups solitaires ».

La force Aérienne brésilienne sera aussi mobilisée avec l’engagement de 80 avions dont des chasseurs F-5, qui auront la charge de surveiller l’espace aérien de la capitale brésilienne, qui pourra être fermé à tout moment si la situation l’exige. Les survols des enceintes sportives seront interdits pendant les compétitions et 188 aérodromes seront fermés car ne répondant pas au plan de sécurité aérien en vigueur pendant les jeux.

Malgré le dispositif impressionnant mis en place, la préparation de ces jeux a été émaillée d’incidents notables qui ont pu faire douter de la réelle maîtrise sécuritaire brésilienne pour cet événement. Tout d’abord, les problèmes sociaux et économiques du pays se sont invités dans la préparation des jeux via des manifestations dont celle d’une centaine de policiers, il y a un mois, à l’aéroport international de Rio, pour interpeller l’opinion publique sur leurs conditions de travail et leurs salaires, et qui décrivaient une situation sécuritaire déplorable à la veille des jeux. Des fonds rapidement débloqués ont pu calmer la grogne de ces fonctionnaires qui aurait pu faire tâche dans la préparation de cet événement sportif mondial

Plusieurs menaces d’attentat ont été déjoué par les services brésiliens dont le dernier en date, ce mois-ci, qui a permis l’arrestation d’une dizaine de jeunes qui avaient prêté allégeance à l’État Islamique et qui planifiaient des attaques terroristes durant la compétition. C’est grâce à une note du FBI que ce groupe qui se faisait appeler «Défenseurs de la charia », a pu être appréhendé par les forces de sécurité brésilienne, mettant en doute la capacité des services brésiliens à pouvoir détecté ce type d’attaque, notamment par la mise en œuvre d’une surveillance accrue des réseaux sociaux.

Un risque d’attaque « minimal »

Le gouvernement brésilien a cependant affirmé « placé la sécurité au cœur de leurs préoccupations » et a martelé, ces dernier mois, que le risque d’attaque durant ces jeux reste « minimal », même si l’inquiétude reste palpable. On se souvient que les précédents jeux d’hiver à Sotchi ou ceux de Pékin avaient aussi déclenché des interrogations quant à l’aspect sécuritaire.

Rio a néanmoins su démontrer son savoir-faire en matière de sécurité lors du dernier Mondial de football ou du sommet pour l’environnement qui étaient des événements d’ampleur.

Le principale problème pour les autorités, reste, en dehors d’une éventuelle attaque terroriste, la récession économique qui frappe le pays, rendant le gouvernement impopulaire et qui a attisé la grogne de la population, exaspérée par les scandales financiers, dont celui retentissant de l’affaire Pétrobras, qui a vu l’éviction récente de Dilma Roussef, de son siège de présidente de la République.

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