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Inondations de 2013 : que sont devenus les sinistrés ?

Le 28 d’août 2013, de fortes pluies causaient la mort à Bamako d’au moins 30 victimes et d’importants dégâts matériels. Alors que le phénomène météorologique se reproduit, que deviennent les victimes de la précédente inondation ?

Le 28 d’août 2013, de fortes pluies causaient la mort à Bamako d’au moins 30 victimes et d’importants dégâts matériels, laissant sans abri des milliers de personnes. Alors que le phénomène météorologique se reproduit et que l’on déplore déjà les mêmes conséquences, les victimes de la précédente catastrophe attendent encore le soutien promis.

Les quartiers des Communes 1 et 4 avaient été particulièrement touchées. À Sikoro, en Commune 1 du district de Bamako, tout comme à Banconi, les pertes ont été considérables. « Notre maison s’est effondrée sur nous », se souvient cette mère de famille. « Nous n’avons rien pu sauver et depuis nous sommes dans la misère », ajoute-t-elle avec amertume. Hébergée pendant des mois dans l’école AB de Sikoro, elle a pu, avec l’aide de la famille, se trouver un petit logement dans les environs avec ses enfants. « On devait nous aider à nous reloger. Jusqu’ici, rien. Nous avons été abandonnés », continue-t-elle, traduisant le point de vue de la majorité des sinistrés. En rendant visite aux victimes de la catastrophe, le ministre de l’Administration territoriale de l’époque, Moussa Sinko Coulibaly, avait en effet annoncé des mesures d’urgence mais surtout une réflexion « afin de définir les solutions sur le long terme ».

Statu quo « Depuis, j’héberge encore des parents», témoigne M. Diallo qui habite lui aussi Sikoro. « Je sais qu’ailleurs dans Bamako, à Banconi comme à Lafiabougou Taliko, la situation est la même. Rien n’a été fait pour venir durablement en aide aux sinistrés. On avait parlé d’assainir la zone avant que les gens ne reviennent. Les gens ont attendu en vain, puis ceux qui n’avaient pas le choix sont revenus s’installer », ajoute le chef de famille pour qui la « même situation est en train de se reproduire ». À l’époque, un plan de réponse avait été mis en œuvre par le gouvernement. Doté d’une enveloppe de 16 800 000 francs CFA, « il n’a permis que des actions de saupoudrage. Ce sont les ONG qui aujourd’hui encore continuent de soutenir les dizaines de familles qui demeurent dans une situation de précarité », explique un responsable communal. C’est ainsi que IFE-Mali a octroyé le 10 août 2016, une aide nutritionnelle à l’endroit des enfants de 16 familles sinistrées à Sikoro. Djelika Sidibé, victime, en a profité pour lancer un appel aux plus hautes autorités : « nous demandons que le gouvernement nous vienne en aide. Nous n’avons jusqu’ici rien vu des promesses faites ! ».

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