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RD Congo : Kabila réprime la contestation

En RDC, la situation est préoccupante. Face à l’opposition qui demande la convocation du scrutin présidentiel dans les délais constitutionnels, le président Joseph Kabila a appuyé sur l’accélérateur de la machine à répression.

Hier lundi 19 septembre, la manifestation de l’opposition, pour réclamer le départ de Joseph Kabila  à la fin de son mandat, a mal tourné. Elle a été dispersée par la police, donnant ainsi lieu à des affrontements violents dans les quartiers de Kinshasa. Pour l’heure, les deux camps – pouvoir et opposition – se renvoient la balle. Et chacun y va de son bilan : 17 morts dont 3 policiers selon le ministre de l’Intérieur, plus de 50 morts selon l’opposition. Ce mardi 20 septembre, dans la matinée, l’Agence France presse a rapporté que les locaux du parti UDPS, de l’opposant Etienne Tshisekedi, ont été incendiés, 2 corps ont été carbonisés. Les sièges d’autres partis d’opposition n’ont pas été épargnés, et les manifestants ont répondu à l’appel de l’opposition ce mardi dans certains quartiers. La manifestation d’hier lundi avait pour objectif de remettre un mémorandum à la commission électoral pour demander la convocation des élections présidentielles dans les délais prévus par la Constitution.

Tout cela intervient alors que le « dialogue national politique inclusif » est en cours depuis le 1er septembre, sous la facilitation d’Edem Kodjo, facilitateur de l’Union africaine. D’ailleurs, les participants au dialogue devaient discuter du calendrier électoral lundi, mais les travaux ont été reportés à aujourd’hui mardi. Cette détérioration de la situation en RDC était, aux yeux de beaucoup d’observateurs, prévisible. Ayant échoué à modifier la Constitution qui lui interdit de briguer un nouveau, Kabila tente de « faire glisser » son mandat, selon l’opposition. Une stratégie qui pourrait s’avérer payante, d’autant que la Cour constitutionnelle à rendu un arrêt, en mai dernier, stipulant qu’il pourra rester en fonction jusqu’à la prestation de serment d’un nouveau président.

Il apparaît clairement que la position de Kabila est tout sauf confortable. D’ors et déjà, la Communauté internationale a exprimé son inquiétude. Dans un communiqué, l’Union européenne a estimé que « ces violences font suite à la non-convocation des élections présidentielles dans les délais constitutionnels ».

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