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TICS : Innovation toute !

Internet et ses multiples possibilités ont définitivement changé la face du monde. Depuis 20 ans, les innovations issues des applications des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ont transformé de manière irréversible les rapports entre les hommes, mais aussi leur manière de vivre, de produire, de faire du commerce, etc. Longtemps laissé sur le bord de la route de la révolution numérique, l’Afrique rattrape son retard à une vitesse fulgurante. Le Mali n’est pas en marge de ce phénomène qui voit une nouvelle génération d’acteurs, qu’ils soient sociaux, économiques, voire politiques, utiliser les TIC et en tirer des outils pour améliorer le quotidien.

En un clic, Aminata, jeune cadre d’une société d’assurances vient de s’inscrire pour un cours gratuit en ligne. « Je suis régulièrement ces formations. Elles me permettent de maintenir mon niveau, mais aussi d’avoir de nouvelles compétences et connaissances. Et cela, de chez moi, sans payer », explique la jeune femme qui en est à une demi-douzaine de MOOC (cours en masse gratuits, ouverts et en ligne). Ce concept, adopté ces dernières années par les plus grandes universités permet d’ouvrir des programmes de formation, de proposer les meilleures études de cas et travaux pratiques, avec un simple accès à Internet. Les formations en ligne sont l’une des opportunités qu’offre aujourd’hui l’accès à Internet. Il existe dans le paysage numérique malien aujourd’hui des dizaines d’outils. En un clic, on peut commander à manger, s’acheter des vêtements, mais aussi connaître la météo ou prendre rendez-vous chez un médecin. Devenues un véritable outil de développement, les TICs participent à faire éclore, en particulier sur le continent africain, une flopée d’initiatives qui participent à un véritable élan dans le secteur, nonobstant la qualité encore médiocre des réseaux et l’accès inéquitable à Internet.

Créativité et émulation C’est bien à cela qu’on assiste aujourd’hui. Elles sont des dizaines, les startups qui ont éclos ces deux à trois dernières années. À Impact Hub Bamako, « les startups que nous incubons appliquent les TICs dans l’agriculture (ISènè), la santé (MEDfast), l’éducation (Orient Key). Ce sont des plateformes web et mobile », explique Mohamed Keïta, co-fondateur de l’incubateur en 2015, et qui croule déjà sous les projets d’entrepreneuriat numérique. Les incubateurs sont d’ailleurs à la pointe de la création et de l’accompagnement de ce nouveau type d’entreprises. Createam, mis en place par Orange Mali en août dernier, travaille lui aussi avec deux porteurs de projets TIC et est loin de s’arrêter en si bon chemin. On peut également citer le SankoréLabs de Tombouctou, dont la co-fondatrice, la bloggeuse Fatouma Harber, explique que le « social hub a pour but de permettre de faire profiter, non seulement des innovations des TICs, mais aussi de disposer d’un espace d’incubation des projets importants qui transforment la société ». « Le SankoréLabs propose ainsi l’initiation des enfants et la formation des enseignants, en passant par l’utilisation des logiciels opensource pour palier à la destruction des bibliothèques durant la crise », ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, le Mali compte une demi-douzaine d’incubateurs et autant de compétitions pour « entreprises innovantes ». On peut citer le Startup week-end, dont la 3ème édition se tient à la mi-novembre, mais aussi le Orange Application Challenge, lancé fin octobre et dont les résultats devraient être connus en décembre. Ces différents concours permettent aux développeurs et aux entrepreneurs d’améliorer leur projet et même de remporter, à l’issue de la compétition, des fonds pour dynamiser leur activité. Quant à l’État malien, il reste pour le moment en marge de ce mouvement, malgré l’adoption en 2015 de la stratégie Mali Numérique 2020.

 E-Commerce en pointe C’est assurément dans le domaine de l’économie et particulièrement des services que les TICs permettent d’innover. De nombreux jeunes entrepreneurs maliens se sont lancés dans le commerce en ligne, qui favorise les circuits courts et la vente directe. S’il y a encore deux ans, il était rare de trouver un site de e-commerce réellement fonctionnel, aujourd’hui ils commencent à s’imposer, alors que le Malien est réputé ne pas faire confiance au virtuel. L’avènement des solutions de transfert d’argent via téléphone, qui ont permis de dématérialiser les transactions, sont l’une des raison de ce nouvel engouement. « Pour ce qui est du commerce électronique, nous constatons ces dernières années, le paysage du commerce électronique au Mali se développe avec des sites et plateformes qui offrent la possibilité aux différents usagers de proposer et de vendre des articles », explique Seydou Tangara, journaliste spécialiste des nouvelles technologies. Des sites comme Sani Féré, Mali Sugu ou encore SuguTeliman, commencent en effet à faire recette.

« Les maliens sont en train de comprendre l’utilité des applications, surtout de celles sur les mobiles », poursuit Seydou Tangara. Dans le domaine de la communication, beaucoup de maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, ont intégré les applications mobiles via les réseaux sociaux pour avoir une ouverture sur le monde, et pour rester en contact avec leurs proches. D’ailleurs, nombreux sont les hommes politiques maliens qui les utilisent pour mesurer leur popularité. « Je suis sûr qu’avec le développement des nouvelles technologies, et la grande rivalité entre les fabricants de ses produits et services, que de plus en plus de Maliens vont intégrer les multiples applications avec une utilisation idoine afin de contribuer au développement technologique, économique, politique, social et culturel du Mali », conclut le journaliste. Mohamed Keïta, directeur d’Impact Hub, estime cependant que « les contraintes d’accès (insuffisances de l’offre, coût élevés des services et des équipements, disparités spatiales, accompagnement insuffisant…) ne permettent pas l’essor des usages des TICs, tant au niveau des citoyens et des familles qu’à celui des entreprises et des administrations ». Le projet Mali Numérique 2020 dont on attend toujours les premiers résultats concrets devrait contribuer à faire face à cette problématique.

On le voit, sur le plan écologique, sociétal et social, les TICs seront un facteur clef du développement durable au 21ème siècle. Les projets permis par les TICs, qui amènent un effet positif durable sont de plus en plus nombreux, et leur contribution ne fera que grandir. Au Mali, les TIC au service du développement et de l’innovation ne sont plus un slogan, mais déjà une réalité.

 

 

 

 

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