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À l’assaut du Suffrage : les jeunes ont-ils enfin compris ?

Il est bien admis, qu’être jeune n’est point un handicap pour se réaliser et réaliser de grandes choses dans ce monde, pourvu que l’on en soit capable. Au Mali, jusqu’à présent la politique semble être l’affaire des « anciens » ou du moins, les responsabilités politiques sont jalousement réservées aux « doyens », aux apparatchiks des appareils politiques, les jeunes faisant très souvent de la figuration et jouant les éternels seconds rôles.

L’émergence du jeune dans le landernau politique relève du parcours du combattant. Le jeune est utile pour des tâches dites « ingrates ». L’on a besoin de lui pour se hisser au sommet, il est une sorte de piédestal au service des pontes sans plus.

De plus en plus ce cliché tend à disparaitre, les jeunes osent maintenant et n’entendent plus se confiner dans cette posture amorphe et adynamique qui faisait d’eux les dindons de la farce. Un vent nouveau souffle dans l’espace politique Malien, depuis un certain temps et qui risque de balayer sur son passage les papys politiques qui font de la résistance.

L’élection présidentielle de 2013 avec la candidature pour le moins audacieuse de certains jeunots a donné le ton. Désormais ceux qui étaient affublés d’éternels seconds ont compris qu’ils sont capables, qu’ils peuvent faire autant, sinon mieux que ceux-là qui ont toujours été aux responsabilités avec le résultat que nous savons. Ils ont pris confiance en eux et n’hésitent plus à convoiter des postes qui leur paraissaient dans un passé récent, inaccessibles.

Les élections municipales prévues pour le 20 novembre 2016 se singularisent par le nombre de candidature de jeunes. Pour la première fois, on enregistre, surtout dans la circonscription électorale de Bamako, un nombre incroyablement élevé de jeunes prêts à briguer le suffrage. Signe des temps ? En tout cas, cette déferlante intrigue. Cette subite envie de se faire valoir, de servir, de jouer les premiers rôles, n’est pas en soi une mauvaise chose. Bien au contraire, ce renouveau, cette régénérescence de la classe dirigeante est salutaire, pourvu que les futurs impétrants ne viennent pas faire comme leurs obscurs devanciers.

Eviter d’emboiter le pas aux prédécesseurs spéculateurs fonciers

Etre Maire ou Conseiller municipal au Mali renvoie ipso facto à l’idée de spéculateur foncier. Les responsables municipaux n’ont pas bonne presse du fait de leurs agissements délinquants. Dans l’imaginaire populaire, le vocable Maire ou Conseiller est synonyme de vendeur de terrain. Pas de sanction ! L’impunité à laquelle, le Malien a été habitué, galvanise, ragaillardi, et encourage les délinquants à col blanc dans leur forfait.

Le foncier, fonds de commerce par excellence des responsables municipaux, est devenu une véritable préoccupation nationale. Tout a été vendu, et même doublement vendu à Bamako ( les contentieux sur le foncier sont foisonnants). Plus aucune parcelle, même les sommets de colline, les berges du fleuve etc. n’ont pas été épargnés. C’est la périphérie de la capitale qui est dans le collimateur maintenant. Une escroquerie à ciel ouvert connue de tous dont il convient d’y mettre fin. Solution peut être radicale mais plus efficace : l’attribution de parcelle ne doit désormais plus être du ressort de la Municipalité. Point barre !

Dans cette atmosphère délétère, l’affluence des jeunes vers ces postes dits « juteux » ne doit pas occulter les responsabilités des uns et des autres liées aux charges publiques. Ce tournant générationnel, pourrait redonner à l’action politique tout son éclat et parfaire l’image du politique aux yeux de l’opinion à condition que le leadership jeune s’opère et que la bonne gouvernance soit enfin une réalité tangible.

Les jeunes peuvent venir aux affaires et les jeunes doivent venir. Le souci c’est que tous ces candidats jeunes qui sortent du bois sont-ils capables ? Sont-ils sincères ? Prêts à servir ou se servir ? Le doute est permis et c’est là malheureusement le hic.

Les énergumènes et autres malhonnêtes n’ont pas leur place

Parmi ce lot de jeunes, il faut malheureusement compter avec ceux qui viennent dans l’espoir secret de faire comme certains maires qui ne sont pas des modèles de probité : c’est-à-dire s’enrichir indûment, faire le délinquant. A ceux-ci, nous disons tout simplement : Basta ! Le Mali a assez souffert pour se laisser entuber encore par d’autres gugusses prêts à prendre « leur part ». Désormais, l’éthique, la probité, la transparence, l’action, le résultat doivent guider l’action publique.

Les jeunes n’ont plus le choix, ils sont condamnés à bien faire et à réussir. L’avenir du pays c’est eux. La situation actuelle du pays commande une certaine hauteur d’esprit, un don de soi, et un sens élevé de la responsabilité dont la jeunesse ne saurait ignorer. Etre responsable est assez lourd de sens, si parmi les candidats, certains ne perçoivent pas cet aspect élémentaire des choses, il y a de quoi s’inquiéter.

Aujourd’hui, le renouveau fait appel à l’avènement du responsable clean, de l’homme politique au service du citoyen et de la cité, de la bonne gouvernance etc. Les compétences ne manquent pas, les modèles de probité aussi, et d’ailleurs certaines candidatures de jeunes donnent à espérer quant à une réelle volonté de changement positif.

La jeunesse consciente à l’avant garde

Il est heureux de constater que certaines candidatures de jeunes sont sérieuses légitimes et méritent soutien. «  Aux âmes bien nées, la valeur n’entend point le nombre des années » dixit Corneille. Comme si tous les jeunes avaient décidé ensemble de se lever enfin ! Il y a de la bonne graine parmi les partants, il suffit juste de leur faire confiance. Donnez-leur, le pouvoir et le résultat sera à la hauteur de l’espoir suscité. Compétence, intégrité, patriotisme, le tout adossé à une vision, un bon programme solide et de qualité, voilà le portrait-robot de ce que doit être nos futurs responsables municipaux.

La jeunesse doit être au rendez-vous de l’histoire. Aujourd’hui, le temps de l’action citoyenne a sonné et les jeunes ne doivent pas décevoir.

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