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Consommer malien, la solution pour booster l’industrie ?

Les États d’Afrique encouragent de plus en plus la production et la consommation des produits fabriqués sur place. Au Mali, le concept existe mais peine à devenir réalité.

Pour le Dr Abdramane Coulibaly, enseignant chercheur à l’ENSUP, le « consommer malien » est encore au stade embryonnaire. « C’est un rêve pour l’instant », affirme-t-il. Force est de constater que « les produits Made in Mali ne sont pas aussi compétitifs que les produits exportés », explique Hamidou Doumbia, entrepreneur. Au niveau de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), plusieurs dispositions sont prises pour sensibiliser et renforcer les capacités des entreprises maliennes. « Cela passe par la mise en place du label Made in Mali », affirme Coulibaly Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA.

Du côté des industriels, c’est vers l’État que sont tournés les regards. « Un des moyens de soutenir l’activité des PME est de faciliter leur accès à la commande publique », explique Issouf Traoré, Directeur général de la Société nationale de tabac et allumettes du Mali (SONATAM). Les montants en jeu sont en effet considérables : à hauteur de plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an pour le Mali, environ 5 500 milliards de francs CFA pour l’espace UEMOA. À l’OPI, on est du même avis, en rappelant que « l’État est quand même un très gros acheteur ». « Nous attendons qu’ils veuillent bien passer des commandes au niveau des industries nationales, ce qui est aujourd’hui encore très marginal. Elles sont moins de cinq », explique le président de l’Organisation patronale des industriels, Cyril Achcar. Un début de mise en œuvre de cette doléance avait eu lieu en 2014, le gouvernement Mara ayant lancé une politique de promotion de l’achat des produits artisanaux et industriels locaux dans le processus de la commande publique. Mais elle fit long feu. « On nous certifie que la volonté existe toujours, mais nous attendons les faits. Le jour où l’État commandera nationalement, ce sera un message très fort », poursuit-on à l’OPI. Le ministre du Développement industriel estime pour sa part que ce n’est plus la solution pour la relance de l’industrie malienne. « On n’est plus dans cette dynamique car le « consommer malien » répondait à un besoin précis à un moment précis c’est-à-dire l’industrialisation par substitution de l’importation », explique Mohamed Aly Ag Ibrahim. « Nous devons aujourd’hui aller au-delà. Il faut promouvoir l’industrialisation pour la consommation, comme pour le sucre ou l’huile, mais aussi pour l’exportation. Nous avons des entreprises qui se sont inscrites dans cet élan telle que Toguna qui exporte des produits de qualité dans toute la sous-région » poursuit le ministre.

 

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