Politique › Sécurité & Terrorisme

Attaher Ag Ayadou, véritable numéro 2 d’Ansar Dine ?

À gauche, Al Rabiou Al Chingetti. À droite Attaher Ag Ayadou

Jeudi 24 novembre, Attaher Ag Ayadou supposé numéro 2 d’une faction du groupe islamiste armé Ansar Dine était arrêté à Gao, dans le nord du pays. Il est mis en cause dans l’embuscade meurtrière contre un convoi des forces maliennes qui transportait des urnes dans une localité proche de Tombouctou. Pourtant sa famille et ses proches décrivent un homme aux antipodes du terroriste dépeint par les autorités et les médias

Attaher Ag Ayadou ou Oufen Ag Ayadou comme il se fait aussi appelé a été arrêté jeudi dernier à Gao. Bien que les circonstances de son arrestation reste encore floue, de source sécuritaire on assure qu’il serait l’auteur, activement recherché, de l’attaque qui a fait cinq morts la semaine dernière dans les rangs de l’armée malienne, dans le Nord, lors des élections municipales. Sa Katiba, dont le chef serait Al-Mansour Ag Alkassim, l’émir d’Ansar Dine au Gourma, aussi activement recherché, serait responsable de plusieurs autres attaques, dont celle contre la Minusma à Douentza, le 6 novembre dernier.

Selon nos informations, Attaher Ag Ayadou est âgé d’une trentaine d’année, divorcé, père d’une fille. Ce jeune homme atteint de timidité depuis l’enfance travaille habituellement dans les foires pour vendre un peu de bétail. Il serait proche du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA). Il aurait été arrêté par le Groupe Autodéfense Touareg Imghad et Alliés (GATIA) durant le conflit qui l’opposait à la CMA.

Cueilli à l’heure du thé C’est mercredi 22 novembre aux alentours de 15h que deux 4×4 tout terrain, freinent devant la cour de Zouda Doho, l’oncle du suspect, des militaires en sorte, ils interpellent Attaher Ag Ayadou qui prenait le frais sous un arbre en sirotant du thé avec ses cousins. « Les militaires sont arrivés et l’ont appréhendé. Ses cousins étaient paniqués, ils m’ont dit que l’un des militaires était resté dans l’un des véhicules, il était en liaison avec quelqu’un durant l’opération qu’il supervisait », relate Zouda Doho, qui dormait à l’intérieur quand sont neveu à été arrêté. Comme beaucoup, son oncle a appris son arrestation par les réseaux sociaux et s’est rapidement rendu compte qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Il décroche son téléphone, va à la rencontre de ceux qui cotôyaient son neveu, amis, famille, pour savoir s’il aurait pu basculer dans la radicalisation à son insu. À Gossi, Gao et Tinassamed, tous disent n’avoir rien observé de tel. « Ici tout le monde se connaît, donc s’il y avait eu des connections entre lui et les djihadistes, je l’aurai appris depuis longtemps. Je ne comprends pas qu’on puisse le présenter comme le numéro deux d’Ansar Dine, même si il était à Ansar Dine, il ne serait même pas le millième », déplore son oncle.

Erreur sur la marchandise ? Après l’arrestation, les autorités et les médias ont diffusé une photo qui ne correspond pas à celle d’Attaher Ag Ayadou. « La photo diffusée dans les médias n’est pas celle de mon neveu, c’est la photo de Mohammed Abdallah Ben Houzeifa alias Al Rabiou Al Chingetti, un djihadiste bien connu, un Mauritanien, qui fait effectivement partie d’Ansar Dine. J’ai publié la véritable photo d’Attaher, pour montrer aux gens que ce n’est pas lui, qu’il y a erreur sur la personne, parce qu’il ne peut pas avoir cette capacité de nuisance et que ça ne se sache pas, ce n’est pas possible », affirme Zouda Doho.

Contacté par le journal du Mali, un haut gradé de l’armée affirme que « l’arrestation de Attaher Ag Ayadou est le fruit d’une longue enquête et de recoupements d’information fondés sur des éléments de preuves », il ajoute que, le côté sensible de l’affaire et la procédure étant engagée, il ne peut s’exprimer plus sur ce sujet.

Zouda Doho est bien allé voir les militaires pour essayer d’en savoir plus mais la grande muette n’a pas déroger à sa réputation et laisse la famille du suspect et ses proches avec nombre de questions. « Maintenant qu’il a été transféré à Bamako je n’ai aucun recours, aucun moyen, aucune possibilité. Je suis perplexe, je suis dans l’incompréhension totale, parce que rien ne prouve qu’il ai été de quelque manière que ce soit dans le djihadisme, conclut son oncle, qui compte continuer à utiliser les réseaux sociaux pour disculper son neveu arrêté, selon lui, par erreur ou par obligation de résultat.

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