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Rassemblement des Camara: le rendez-vous de la fraternité

Durant trois jours s’est tenue à Dangassa la 4ème édition du rassemblement des Camara. Un regroupement folklorique qui pourrait déboucher sur la création d’une institution reconnue par la CEDEAO.

Folklore local, des sketchs comiques et une conférence débat sont entre autre les activités de la 2ème journée de la grande retrouvaille des Camara à Dangassa, cercle de Kati, commune de Niagadina situé à 87 km au Sud-ouest Bamako.

Du 25 au 27 novembre 2016, les Camara du Mali, de la Guinée et d’autres pays de la sous-région se sont une fois de plus retrouvés pour célébrer la solidarité et la fraternité qui les lient.

C’est à l’École fondamentale de Dangassa non loin de la forêt sacrée interdite à tout individu n’étant pas un Camara de sang que se sont déroulées les festivités de la 4ème édition de la rencontre des Camara. Selon les organisateurs c’est plus de 3000 participants dont 162 ressortissants de la Guinée Conakry qui étaient présents durant ces trois jours.

L’événement était parrainé par l’honorable Mamadou Tounkara élu à Kita. Selon lui il existe un lien consanguin entre Camara et Tounkara, « nous sommes cousins et en temps de conflit dans l’une des familles la présence de l’autre permet d’y mettre un terme. C’est folklorique et légendaire « , raconte- t-il. À Dangassa, vielle cité mandingue, la grande trouvaille avait pour objectif de créer une union à la fois symbolique et forte entre les descendants de Kamandja. Pour Moriba Camara chaque rencontre est une leçon d’histoire pour les participants, « nos ancêtres ont unifié le mandé. Ils l’ont fait parce que notre existence sur terre en dépend », affirme-t-il. Un aveu largement corroboré par une pléiade de griot qui a tour de rôle ont rappelé l’histoire de l’empire mandingue. Pour Boukary Kouyate, chef des griots de Dangassa, « chanceux est celui qui assiste à ce jour tant spécial pour la localité de Dangassa », estime-t-il. Et d’ajouter que par le passé personne aurait cru possible une telle mobilisation des Camara autour d’un seul et unique idéale en terre malienne notamment à Dangassa.

On rappelle que l’édition précédente s’est déroulée à Tanga au Mali. Et les deux premières en Guinée. Originaire de Dangassa, Mahamadou Camara, ancien ministre de la communication était également de la fête. « C’est une rencontre riche d’enseignement, ça donne envie de se retrouver », explique-t-il. Et d’ajouter, « ce qui m’a frappé c’est la fraternité qui existe entre eux simplement parce qu’ils portent le même nom de famille ».

Institution régionale Alors même que les initiateurs sont sur le point de créer une association qui regroupe les Camara, d’autres pensent déjà à en faire une institution apolitique reconnue par la CDEAO. C’est du moins la volonté de Moriba Camara pour qui cela permettrait de mieux jouer le rôle de médiateur dans les conflits. Une idée qui n’enchante pas vraiment Mahamadou Camara,  » il faut plutôt continuer à s’organiser et à mieux se structurer. Ce qui est indispensable actuellement s’est d’arriver à créer une amicale ou une association qui nous regroupe », estime le ministre. Pour Dramane Camara, président du comité d’organisation de l’événement, c’est la meilleure façon d’atteindre les objectifs fixés.

Avec un budget prévisionnel de plus de 12 millions de Fcfa, l’événement a été organisé avec peu de moyens, selon Dramane Camara. « Le plus important pour nous c’est que tout le monde soit là et que la fête ait lieu », affirme-t-il. C’est le cœur en joie que les griots, les dosos (chasseurs), les officiels et la population de Dangassa se sont dit au revoir tout en attendant impatiemment l’édition prochaine.

Moussa MAGASSA

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