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ALY NIONO : Nous avons été traités comme des criminels

Après leur libération mercredi dernier, la grande majorité des 400 migrants maliens détenus dans les prisons algériennes sont actuellement dans des foyers à Tamanrasset en attendant que les autorités leur fassent signe pour leur rapatriement. Aly Niono, un de ces détenus maliens libéré s’est entretenu au téléphone, sur la situation sur place, avec le Journal du Mali.

Partis du Cameroun, du Nigeria, du Mali ou de Côte d’Ivoire, avec l’objectif de se rendre en Europe, ils ont posé leurs valises en Algérie. Ils y sont restés quelques mois ou quelques années, le temps de reconstituer un petit pécule pour poursuivre leur voyage. Parfois ils renoncent, découragés par les difficultés.

Ancienne région de transit pour les clandestins subsahariens, l’Algérie s’est muée, peu à peu, en terre d’immigration. Attirés par les grandes villes du nord, les migrants se heurtent au racisme d’une partie de la population. Une attitude parfois ouvertement encouragée par les médias algériens.

Aujourd’hui, le pays est devenu un enfer pour ces migrants. Dans un communiqué en date du 3 décembre, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) s’est indignée contre « une rafle » décidée contre les migrants subsahariens à Alger où plus de 1400 personnes sont retenues dans des conditions « désastreuses » et « indignes ». «La vague d’arrestation des autorités algériennes n’épargne personne, même ceux qui sont en situation régulière. On m’a arrêté au sortir d’une boutique pendant que je téléphonais. Ces arrestations se font dans des conditions inhumaines, pire encore sont les conditions de détention. Nous étions traités comme des criminels. On ne mangeait qu’une seule fois par jour.  », explique Aly Niono.

« Ce que les autorités algériennes ne disent pas, c’est qu’il y a eu deux morts sous les coups de matraques des policiers, au moment où ils nous faisaient monter dans les bus en direction de Tamanrasset », ajoute-t-il. La majorité des 400 maliens libérés se trouvent actuellement dans trois foyers en Tamanrasset dépendant du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM). «Une fois à Tamanrasset, nous avons voulu rencontrer le consul du Mali. A notre grande surprise, toutes les portes étaient fermées. Tout naturellement, nous sommes restés à la porte, mais tout d’un coup, la police à la demande du consulat est venue nous déloger. C’est pendant qu’on se promenait sans savoir où aller que les agents du CSDM nous ont récupéré pour nous loger dans les différents foyers.

Personne d’autre ne nous est venu en aide et pire, les agents du croissant-rouge algérien qui nous accompagnaient nous vendaient le lait qu’ils étaient censés donner gratuitement », souligne Mohamed Sylla, un autre migrant malien. «Les 70% des personnes libérées veulent aujourd’hui retourner au Mali, mais ils ont tout perdu, ils n’ont même plus le prix du transport. Pour l’instant tous nos regards sont tournés vers les autorités maliennes afin de nous ramener chez nous », conclut-il

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