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Fêtes de fin d’année : doux moments et grosses dépenses

Pour faire plaisir aux enfants, les parents investissent des fortunes en cadeaux et agapes de tous genres.

Au Mali comme ailleurs, la fin d’année est une période qui rime avec festivités, divertissements et fantaisies. Ces deux dernières semaines de l’année sont aussi synonymes de retrouvailles familiales et donc de cadeaux, de repas fastueux et de… dépenses ! Pendant le « mercato » de décembre, les Maliens dépensent généralement le double par rapport à une période normale, toutes bourses et catégories sociales confondues, de quoi passer de belles fêtes. Mais c’est surtout une aubaine pour les professionnels, qui jettent toutes leurs forces dans cette bataille pour optimiser le chiffre d’affaires de l’année.

À l’approche des fêtes il y a quelque chose dans l’air… Les décorations fleurissent sur les grandes avenues, une ambiance particulière dans les magasins, les couleurs : le rouge, l’or et l’argent, le vert des sapins, les Pères Noël qui s’affichent un peu partout dans les supermarchés, les étals qui regorgent de victuailles. Une invitation à la consommation qui ne laisse pas les Maliens indifférents. Ils se pressent ainsi chaque année pour garnir leur table et choisir des présents à offrir à leurs proches, en particulier aux plus jeunes, auxquels on accorde une attention particulière pendant ces réjouissances. Même si Noël est à l’origine une fête chrétienne, les consommateurs musulmans ne boudent pas ces festivités, car la fête est universelle. « En général à Noël, ce sont les enfants qui poussent leurs parents à acheter. Un enfant ne comprendrait pas qu’un camarade ait des cadeaux et pas lui. Que ce soit pour Tabaski, le Ramadan, Noël ou la Saint Sylvestre, quand il y a fête, les Maliens sont au rendez-vous. Crise ou pas crise, ils consomment et encore plus à Noël », analyse Cissé Doucouré, responsable de rayon, au supermarché Shopreate à Badalabougou.

Ruée sur les supermarchés Les professionnels de la distribution et de la restauration l’ont bien compris et font tout pour attirer le client pour cette période stratégique en termes de chiffre d’affaires. Depuis le début du mois, les jouets, pâtisseries, gourmandises et chocolats, sont en bonne place pour attiser les convoitises et susciter l’achat. « L’année dernière on a eu du retard pour les fêtes et tout n’était pas exposé comme il faut. Cette année, nous avons les bons produits et nous sommes dans les temps », se réjouit Ismaël, responsable achat de Shopreate. Pour ces enseignes de la distribution bamakoise qui ne désemplissent pas pendant les fêtes, le produit qui marche le mieux est le chocolat décliné en boîtes, barres, cornets et ballotins. Viennent ensuite les jouets et en troisième position la charcuterie – halal ou non – et le fromage, qui termineront sur les tables des foyers maliens.

Si en 2015, la fréquentation des magasins était bonne, pour l’année 2016, les professionnels de la distribution sont encore plus optimistes, grâce entres autres aux signes d’une reprise lente, mais sûre. « Cette année il y a une amélioration par rapport à 2015, il y a plus de clients. En 2015, nous avions une seule caisse. On en a ouvert deux autres et c’est déjà l’embouteillage. En période d’affluence, les gens demandent d’ailleurs une quatrième caisse. On a importé aussi beaucoup plus en 2016. Le magasin qui ne fonctionnait plus qu’avec la partie alimentaire au rez-de-chaussée, par exemple, génère, à présent aussi des bénéfices avec le 1er étage où l’on trouve les cosmétiques, les produits ménagers, le bricolage, etc. », ajoute Ismaël qui a ouvert, en prévision des fêtes, un rayon de produits surgelés importés qui séduit la clientèle.

 Au menu Même son de cloche au niveau des restaurants, où les équipes sont déjà à pied d’œuvre pour concocter les menus gourmands de ces fêtes. « Il y a une augmentation de la clientèle, c’est vrai », confirme Simone la gérante du restaurant Comme chez soi, une table courue de la capitale. « Je pense que c’est dû à la confiance qui revient. Les gens oublient leur peur et retrouvent l’envie de sortir », explique-t-elle. Avec un menu raffiné, arrosé de vins fins ou de champagne, le restaurant se prépare à régaler les convives qui viendront sous sa paillotte pour la nuit de la Saint Sylvestre.

Cependant, nombreux sont ceux qui passeront ces fêtes chez eux, en famille ou entre amis, autour d’une table composée de plats locaux quotidiens, le tout allégrement arrosé de sodas, voire d’alcool. Maître des menus de fêtes, le poulet, dont les prix ont d’ores et déjà pris l’ascenseur, passant de 2 500 à 3 000 ou 4 000 francs CFA sur les marchés de volailles. Les pâtisseries qui ont fleuri un peu partout dans Bamako ces derniers mois leur proposent enfin divers types de desserts, avec ici aussi, une pièce de choix, la bûche de Noël. Il faudra débourser entre 10 et 15 000 francs CFA pour la déguster.

Se parer et fêter Le ventre bien plein, la seconde partie de soirée peut commencer. C’est souvent sur des rythmes endiablés qu’elle se poursuit, dans les soirées privées ou les boîtes de nuit de la capitale. Les dames, accompagnées de leurs cavaliers, sont d’une élégance étudiée. « Il est important pour faire la fête, de se faire belle », lance Salimata, qui a ses adresses pour se coiffer et confectionner sa tenue afin d’être en beauté pour sortir en soirée. Pour l’instant, sa seule inquiétude est, qu’avec la forte affluence, elle ne puisse pas avoir sa robe dans les temps. En effet, fin décembre, les coiffeurs et couturiers sont pris d’assaut, les commandes ne faiblissent pas et Pape, un couturier sénégalais, avec ses trois employés, sait déjà que les nuits vont être longues pour répondre à la demande. « Mais c’est bon pour les affaires », soupire-t-il dans un demi-sourire.

Les fêtes de fin d’année, c’est aussi l’occasion pour certains de boucler leur valise et de se rendre dans des pays de la sous-région comme Abidjan ou Dakar, des destinations qui ont le vent en poupe à cette période de l’année. L’Europe, avec en particulier Paris la capitale française, est aussi une destination prisée des plus fortunés. Qu’ils partent en famille ou entre amis, les Maliens sont de plus en plus nombreux à faire ce choix, alliant dépaysement au plaisir d’être ensemble. Il faut aussi souligner, dans le sens des départs, les milliers d’expatriés qui vivent au Mali, dont le nombre a explosé depuis la crise, et qui rejoignent pour la plupart leurs familles pour les fêtes.

Que l’on soit à Bamako, Ségou ou Paris, les fêtes de fin d’année restent avant tout l’occasion de célébrer les moments passés ensemble et de se projeter avec optimisme et enthousiasme dans l’année qui vient. Bonne chaire, convivialité, et bonnes affaires sont donc définitivement le mix idéal pour une fin d’année réussie.

 

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